Histoire et mémoire : Le Sénégal revisite l’héritage de la Révolution du Fuuta Tooro et de l’Almaami Abdul Qaadiri Kan

Le Sénégal s’apprête à commémorer le 250e anniversaire de la Révolution du Fuuta Tooro, marquant l’intronisation de l’Almaami Abdul Qaadiri Kan et l’établissement d’un modèle de gouvernance inédit en 1776. Cet événement historique, dont les célébrations s’étendront sur plusieurs mois durant l’année 2026, débutera dans la région de Matam pour revisiter les fondements d’un État précolonial bâti sur la justice, l’éthique et la responsabilité collective.

Le programme officiel de cette commémoration débutera par une grande ziara annuelle prévue les 23 et 24 janvier 2026 à Kobilo, dans l’arrondissement de Thilogne. Ces journées seront marquées par des prières, des récitals de Coran et des moments de recueillement à la Mosquée d’Almaami Abdul Kan ainsi que dans les cimetières locaux. Selon nos informations, les cérémonies se poursuivront le dimanche 25 janvier à Gouriki, dans le département de Matam, avec des prières au mausolée du guide religieux et une conférence dédiée à son œuvre.

Les festivités s’étendront ensuite à la capitale et au centre du pays. En avril 2026, Dakar accueillera un Colloque scientifique international axé sur la vie et l’action d’Almaami Abdul Qaadiri Kan, accompagné d’une soirée culturelle mettant en scène une pièce de théâtre historique. La clôture de ces commémorations est prévue en juin 2026 à Diourbel, avec une rencontre familiale et religieuse célébrant la Révolution Torodo.

Cette révolution de 1776, portée initialement par Thierno Souleymane Baal, a instauré un régime politique en rupture avec l’ordre ancien des Deeniyankooɓe et la domination maure. Comme le rapporte « Sud Quotidien », ce système reposait sur une charte fondatrice garantissant l’élection du chef temporel et spirituel, l’indivisibilité du Fuuta Tooro et l’égalité devant la justice. L’Almaami Abdul Qaadiri Kan, qui a dirigé cet État pendant trente et un ans, a mis en œuvre des réformes sociales majeures, notamment l’abolition de la traite négrière, la protection des catégories vulnérables et la promotion de l’éducation pour tous.

L’héritage de cette période, qualifiée de « véritable révolution » par l’historien Amadou Mahtar Mbow, fait l’objet d’une réhabilitation par l’État du Sénégal et l’UNESCO. La mosquée et le mausolée de l’Almaami ont été classés au patrimoine, soulignant l’importance de transmettre ce legs politique et moral aux générations actuelles.

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Un commentaire

  1. l’image que vs avez faites c’est pas Almaami Abdul Qaadiri kan c’est Cheikh Moussa Kamara et Thierno Malick Kane


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