Un an après avoir rejoint l’Alliance pour la République (APR) en pleine transition vers l’opposition, l’intellectuel et désormais homme politique Hamidou Anne dresse un bilan sans concession de ses douze premiers mois de militantisme. Dans un entretien accordé à Seneweb, il livre une analyse incisive de la situation nationale, évoquant des accusations de mauvaise gestion économique, des débats sur la souveraineté culturelle et les caisses noires, tout en dévoilant les ambitions de son parti pour la reconquête du pouvoir à l’horizon 2027.
« Tout s’effondre »
Interrogé sur la qualité du débat public, Hamidou Anne est catégorique : « Ce jugement est aussi implacable qu’indéniable. Il suffit de voir les curieux personnages qui nous gouvernent refléter dans leur façon de parler et d’agir leur vulgarité et leur grossièreté. » Il dénonce des responsables publics qui « désacralisent la fonction présidentielle, diabolisent et menacent les membres de l’opposition, soumettent notre pays aux marchés financiers et aux moqueries de l’étranger : tout s’effondre. »
Le cadre républicain estime que la rupture consommée au sommet de l’État entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko aggrave la situation. Selon lui, le régime actuel incarne un « échec » face auquel l’APR doit proposer une alternative crédible.
Cette rupture, qui a conduit au limogeage de Sonko, a suscité des réactions contrastées. Waly Diouf Bodiang, figure proche de Sonko, a réaffirmé son attachement à ce dernier en déclarant : « Je suis chez Ousmane Sonko… Dans la dignité, nous irons avec Ousmane Sonko au palais en 2029. » Un message qui illustre les tensions persistantes au sein de la mouvance présidentielle.
Un programme alternatif pour 2027
Hamidou Anne précise que son chantier principal est « la formulation d’un programme alternatif, moderne et radical ». Il s’agit de proposer aux Sénégalais « une offre républicaine qui allie rigueur sur les sujets régaliens, sérieux économique et volontarisme social ». Il se dit satisfait de son engagement partisan, malgré les sacrifices, et affirme cheminer avec le président Macky Sall, qu’il considère comme un ami et un mentor.
L’ancien chroniqueur, qui a troqué la plume pour la carte de militant, assure ne pas regretter son choix : « Mon mantra, en décidant d’entrer en politique, était le suivant : être au cœur de la mêlée et en surplomb. Je pense m’y tenir encore. » Il parcourt le pays pour écouter les Sénégalais et construire un parti « puissant et organisé ».
