Guy Marius Sagna rejette la crise institutionnelle et s’attaque aux pratiques des opérateurs téléphoniques

La situation des agents du chiffre, les pratiques des opérateurs téléphoniques et le débat politique ont été au cœur de l’intervention de Guy Marius Sagna à l’Assemblée nationale.

Le député est revenu sur une question déjà soulevée en commission. Il estime que la réponse qui lui avait été apportée n’avait pas correctement pris en compte sa préoccupation.

Il a rappelé que le projet de loi n°25/2026 avait été élaboré en grande partie par la Direction générale du chiffre et de la sécurité des systèmes d’information. Il a insisté sur le rôle de cette structure dans la protection numérique de l’État.

Son intervention a également porté sur les agents du chiffre. Selon ses explications, une loi adoptée en 2014 leur aurait accordé une « indemnité spéciale de discrétion professionnelle, permanente et définitive ». Le montant devait être déterminé par décret.

Guy Marius Sagna affirme toutefois que cette indemnité n’apparaît toujours pas sur les bulletins de salaire des agents concernés. « Depuis 2014, ces agents du chiffre n’ont pas vu cette indemnité dans leur bulletin de salaire et, bien sûr, ne l’ont pas vue dans leur poche », a-t-il déclaré.

Le parlementaire a demandé si un décret avait été pris. Il a évoqué les informations selon lesquelles un texte aurait pu être adopté en 2017 sans être publié. « Où est ce décret ? », a-t-il demandé.

Tout en reconnaissant que cette question ne relevait pas directement du ministère interpellé, il a souhaité qu’elle soit transmise au gouvernement. Il a présenté ces agents comme la « cheville ouvrière » de textes importants sur la sécurité des systèmes d’information.

La question des opérateurs téléphoniques a ensuite occupé une place importante dans son intervention. Guy Marius Sagna a ciblé le service connu sous le nom de « Dalal Tones », dénonçant ce qu’il considère comme du harcèlement commercial.

Il estime que certaines pratiques peuvent profiter de la faible maîtrise du numérique d’une partie de la population. « C’est du harcèlement, c’est du vol », a-t-il lancé, avant de demander à Orange de revoir les modalités de ce service.

Le député a aussi contesté l’expiration de certains crédits téléphoniques. Selon lui, une personne qui achète du crédit devrait pouvoir l’utiliser en fonction de ses besoins, sans être soumise à une durée de validité qu’il juge trop restrictive. « C’est les gens avant l’argent », a-t-il insisté.

Dans cette intervention, Guy Marius Sagna crise institutionnelle a également évoqué la qualité du réseau téléphonique. Il a demandé les raisons de la mauvaise couverture dans des zones comme Kédougou, Matam, Ziguinchor et Kolda.

Il a par ailleurs interrogé le ministre sur l’implication de la Sonatel dans le monde universitaire et sur d’éventuels investissements de l’entreprise dans la recherche-développement, notamment dans le numérique.

Sur le terrain politique, le député a rejeté l’idée d’un blocage institutionnel au Sénégal. « Crise amul ! », a-t-il répété, affirmant que les difficultés observées relèveraient plutôt d’une crise de discipline, de valeurs ou de comportements qu’il qualifie de « trahison ».

Il a aussi accusé certains acteurs d’entretenir artificiellement l’idée d’une crise politique par l’intermédiaire de journalistes et de chroniqueurs. Il a appelé à assainir l’arène politique sénégalaise et à mettre fin aux changements d’orientation entre la campagne électorale et l’exercice du pouvoir.

Le 20 août 2026, El Malick Ndiaye, premier vice-président de l’Assemblée nationale, s’était exprimé sur le même projet de loi n°25/2026 en plaidant pour une formation obligatoire à la cybersécurité pour tous les agents publics.

Dakaractu rapporte que Guy Marius Sagna a demandé au gouvernement de porter la question de l’indemnité des agents du chiffre à son niveau.

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