« C’est du vol », « Crise institutionnelle amul ! » , Guy Marius Sagna recadre le pouvoir

Ce jeudi, lors de l’examen du projet de loi n°25-2026 relatif à la protection des infrastructures d’information critique et à la sécurité numérique, Guy Marius Sagna a interpellé le gouvernement sur plusieurs dossiers, allant des conditions des agents du chiffre à la tarification des télécommunications, en passant par la couverture réseau et la situation politique.

Le député a d’abord plaidé pour la prise en charge de la situation des agents du chiffre, qui ont participé à l’élaboration du texte. Il rappelle qu’une loi votée en 2014 prévoyait une indemnité spéciale de discrétion professionnelle, qui n’aurait toujours pas été versée.

« Depuis 2014, ces agents du chiffre n’ont pas vu cette indemnité dans leur bulletin de salaire et, bien sûr, ne l’ont pas vue dans leur poche. Où est ce décret ? »

Guy Marius Sagna demande au gouvernement de faire la lumière sur un éventuel décret qui aurait été pris en 2017 sans être publié. Il exhorte également les autorités à privilégier les préoccupations sociales.

« Un décret ne sert pas seulement à organiser la transhumance. Un décret sert surtout et d’abord à prendre en charge les préoccupations des Sénégalais. »

« C’est du harcèlement, c’est du vol »

Le député s’est ensuite attaqué aux pratiques des opérateurs téléphoniques concernant les crédits de communication, dénonçant notamment les mécanismes d’expiration et les sollicitations répétées des consommateurs.

« Nous ne devons pas pousser les citoyens sénégalais à acheter régulièrement du crédit et à les appauvrir. Ils ont d’autres dépenses. »

Pour lui, les opérateurs profitent de l’analphabétisme d’une partie de la population et exercent une forme de pression commerciale, imposant aux usagers ‘Dalal tone’. « C’est du harcèlement, c’est du vol. »

Guy Marius Sagna demande ainsi au gouvernement de revoir le cadre réglementaire des télécommunications et de veiller davantage à la protection du pouvoir d’achat des Sénégalais.

Mauvaise couverture réseau : Kédougou, Matam, Ziguinchor et Kolda interpellés

Le député a également questionné le gouvernement sur la qualité de la couverture téléphonique dans plusieurs régions.

« Quelles sont les raisons qui justifient la mauvaise couverture réseau dans des zones comme Kédougou, Matam, Ziguinchor, Kolda, etc. ? »

Il a par ailleurs interrogé le ministre sur les investissements de Sonatel dans la recherche et le développement au sein des universités sénégalaises, notamment dans le domaine du numérique.

« Crise institutionnelle ? Crise, amul ! »

Sur le terrain politique, Guy Marius Sagna a rejeté l’existence d’une crise institutionnelle au Sénégal.

« Crise amul. Crise amul de. »

Pour lui, le véritable problème se situe davantage dans une crise des valeurs et de la discipline politique.

« Crise, la discipline, indiscipline. […] Crise de valeurs. »

Il invite ainsi le pouvoir à mettre fin aux querelles politiques et à se concentrer sur les préoccupations des citoyens.

« Il faut assainir la scène politique sénégalaise. »

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