Guerre Israël-Liban : une tactique de frappe spécifique sur Beyrouth déclenche la plus vaste riposte du Hezbollah

Le conflit entre Israël et le Liban franchit un nouveau palier de violence. De récentes opérations militaires israéliennes ont visé la capitale libanaise et le sud du pays, entraînant en retour une offensive balistique d’une ampleur inédite menée conjointement par le Hezbollah et l’Iran vers le territoire israélien.

Selon les informations relayées par Al Jazeera, l’armée israélienne a eu recours à une tactique de « double frappe » (double-tap) jeudi sur le front de mer de Beyrouth, dans le secteur de Ramlet al-Baida. Cette zone abritait de nombreuses familles déplacées cherchant refuge face aux bombardements continus. Le ministère libanais de la Santé publique dresse un bilan de huit morts et 31 blessés pour cette seule attaque.

La correspondante d’Al Jazeera à Beyrouth précise que les civils ont été réveillés par l’impact du premier projectile avant d’être frappés par le second alors qu’ils sortaient de leurs tentes. Cette opération s’est déroulée en dehors des zones traditionnellement visées par l’armée israélienne et au-delà des périmètres pour lesquels des ordres d’évacuation avaient été émis.

Les frappes se sont également intensifiées dans d’autres régions du pays. L’Agence nationale de l’information (NNA) du Liban fait état de dizaines de victimes supplémentaires : trois morts à Aramoun au sud de la capitale, deux à Deir Antar, et une mère et ses trois fils à Burj Shamali. À Shaath, dans le district de Baalbek, huit personnes ont perdu la vie. Depuis le 28 février, les autorités sanitaires libanaises recensent 634 morts liés aux attaques israéliennes, tandis que 780 000 personnes ont été enregistrées comme déplacées.

En réponse à ces bombardements, le Hezbollah a déclenché une riposte massive. Coordonnée avec l’Iran, une salve de 100 roquettes a été tirée vers le nord d’Israël, marquant la plus importante offensive de ce type depuis le début des hostilités. Cette attaque a contraint des centaines de milliers d’Israéliens à se réfugier dans des abris sécurisés.

Les cibles revendiquées par le mouvement libanais incluent la caserne de Ya’ara, frappée par des drones, ainsi que les bases de Beit Lid, Glilot (près de Tel-Aviv) et Atlit. Une attaque de drone sur la base de commandement aérien de Meron a également endommagé un radar. De son côté, l’armée israélienne indique que les roquettes tirées depuis l’Iran ont été détectées en direction du plateau du Golan et de la baie de Haïfa, tombant principalement dans des zones ouvertes.

Cette dynamique s’inscrit dans un embrasement régional plus large impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis. Les répercussions de ces affrontements se font sentir dans tout le Moyen-Orient, compromettant notamment les efforts diplomatiques de pays médiateurs comme le Qatar, directement impactés par l’élargissement du conflit.

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