À Washington, le bras de fer institutionnel autour des opérations militaires au Moyen-Orient vient de connaître une étape décisive. Les élus de la chambre haute du Congrès américain étaient appelés à se prononcer sur une mesure législative visant à encadrer strictement la marge de manœuvre du président Donald Trump dans le conflit en cours avec la République islamique.
Le verdict est tombé ce mercredi lors d’un vote de procédure. Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, la résolution sur les pouvoirs de guerre a été rejetée par 52 voix contre 47. Ce résultat marque un coup d’arrêt significatif pour les parlementaires qui cherchaient à limiter les interventions militaires à l’étranger non autorisées par le pouvoir législatif.
Les débats ont mis en lumière des lectures diamétralement opposées de la Constitution américaine. Les partisans du texte estiment que l’administration Trump a outrepassé ses prérogatives. L’article II de la Constitution réserve en effet au seul Congrès le droit de déclarer la guerre, n’autorisant le président à lancer des attaques qu’en cas de légitime défense face à une menace immédiate. Le sénateur Tim Kaine a souligné à la tribune que l’exécutif n’avait pu fournir, même lors de séances classifiées, la moindre preuve d’une menace d’attaque imminente de la part de l’Iran.
Dans le camp républicain, l’argumentaire s’est appuyé sur l’historique des tensions bilatérales. Le sénateur James Risch a soutenu que les actions de Téhéran au cours des 47 dernières années justifiaient pleinement l’initiative présidentielle. Il a notamment mis en avant les tentatives iraniennes de reconstituer un programme nucléaire et de fabriquer des missiles à longue portée, suite à une précédente offensive de douze jours menée par Israël en juin dernier.
Depuis le lancement de l’offensive américaine le 28 février, les justifications avancées par l’exécutif ont connu plusieurs variations. Donald Trump a évoqué la destruction du programme nucléaire iranien et la menace balistique. De son côté, le secrétaire d’État Marco Rubio a fait état de projets d’attaques iraniennes contre Israël, une affirmation par la suite contredite par le président lui-même, qui a déclaré que c’était l’Iran qui planifiait une attaque imminente.
Sur le plan opérationnel, la durée du conflit reste une inconnue. Si Donald Trump a publiquement projeté une fenêtre de « quatre à cinq semaines », le chef du Pentagone, Pete Hegseth, a précisé mercredi que l’opération ne faisait que commencer, confirmant l’envoi de moyens militaires supplémentaires dans la région.
Malgré ce rejet au Sénat, une résolution distincte doit être soumise au vote de la Chambre des représentants ce jeudi. En vertu de la loi sur les pouvoirs de guerre de 1973, l’exécutif américain est tenu d’obtenir l’approbation formelle du Congrès pour tout engagement de troupes dans des actions militaires dépassant une durée de 60 jours.