Des militants engagés dans une flottille d’aide à destination de Gaza ont débarqué vendredi en Grèce, sur l’île de Crète, après l’interception de leur convoi par les forces israéliennes en eaux internationales au large de l’île. Le groupe venait de plusieurs pays européens et faisait route vers le territoire palestinien, selon les éléments communiqués sur cette opération.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, environ 175 militants ont été escortés par les garde-côtes grecs puis conduits dans quatre autocars vers le port d’Atherinolakkos, dans le sud-est de la Crète. Un journaliste de l’AFP présent sur place a indiqué avoir vu les activistes scander « Free Palestine » à l’approche du port.
Le ministère israélien des Affaires étrangères avait affirmé plus tôt que quelque 175 personnes avaient été retirées de plus de 20 bateaux jeudi. Les organisateurs de la flottille avancent, eux, un total de 211 militants. D’après les éléments disponibles, la flottille comptait plus de 50 embarcations parties ces dernières semaines de Marseille en France, Barcelone en Espagne et Syracuse en Italie.
Les organisateurs expliquaient vouloir briser le blocus de Gaza et acheminer de l’aide humanitaire vers l’enclave palestinienne. Israël contrôle l’ensemble des points d’entrée de Gaza. Les Nations unies et plusieurs ONG étrangères accusent l’État hébreu de restreindre fortement l’acheminement des marchandises vers ce territoire depuis le début de la guerre contre le Hamas en octobre 2023. La bande de Gaza, administrée par le Hamas, est soumise à un blocus israélien depuis 2007.
Vendredi, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, a déclaré que tous les militants de la flottille se trouvaient désormais en Grèce, à l’exception de Saif Abu Keshek et Thiago Avila. Selon Israël, le premier est soupçonné d’affiliation à une organisation terroriste, tandis que les deux hommes sont suspectés d’« activité illégale » et doivent être conduits en Israël pour interrogatoire.
Plusieurs gouvernements européens, dont des ressortissants figurent parmi les personnes arrêtées, ont demandé à Israël de libérer les militants et ont qualifié l’intervention de violation flagrante du droit international. Les États-Unis, en revanche, ont soutenu les autorités israéliennes, qualifiant la flottille de « mise en scène ». Washington a aussi indiqué envisager des « conséquences » contre les personnes soutenant cette initiative. Une précédente traversée de la Global Sumud Flotilla à l’été et à l’automne 2025 avait déjà attiré l’attention internationale après l’interception des bateaux par Israël au large de l’Égypte et de Gaza, avec l’arrestation puis l’expulsion de membres d’équipage, dont l’activiste suédoise Greta Thunberg.