Grèce : le nombre de militants encore en mer après l’interception de la flottille pour Gaza

Plus de 160 militants participant à une flottille d’aide en route vers Gaza ont été conduits sur l’île grecque de Crète après l’interception de leurs navires par les forces israéliennes en eaux internationales près de la Grèce plus tôt dans la semaine. L’opération concerne des bateaux engagés dans la Global Sumud Flotilla, partie de Barcelone en Espagne à destination de l’enclave palestinienne.

D’après Al Jazeera, les organisateurs ont dénoncé une intervention menée mercredi au milieu de la Méditerranée, avec usage de drones, de technologies de brouillage des communications et d’équipes armées montées à bord pour stopper la flotte humanitaire. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, avait indiqué que les militants présents sur les bateaux interceptés seraient transférés vers la Grèce.

Selon les informations communiquées vendredi par les organisateurs à l’agence Reuters, 168 membres de l’équipage ont été transférés d’un navire militaire israélien vers des embarcations grecques, avant d’être acheminés vers la Crète. Des bus et une ambulance les y attendaient, selon les organisateurs, tandis que des images de Reuters ont montré leur arrivée. Les mêmes sources précisent que deux militants restaient encore aux mains des autorités israéliennes.

Le système de suivi du groupe indique par ailleurs que 22 bateaux ont été interceptés jusqu’à présent, tandis que 47 autres poursuivaient encore leur navigation. Une source citée par Reuters, ayant requis l’anonymat, a déclaré que ces bateaux se trouvaient toujours au large du sud de la Crète et prévoyaient d’y jeter l’ancre avant de reprendre leur route vers Gaza. Cette même source a affirmé que chaque embarcation transportait environ une tonne de nourriture, de fournitures médicales et d’autres équipements.

Dans un entretien accordé à Al Jazeera mercredi, Gur Tsabar, porte-parole de la Global Sumud Flotilla, a qualifié l’arraisonnement de « attaque directe contre des bateaux civils non armés dans des eaux internationales ». Il a ajouté que cette action était, selon lui, illégale au regard du droit international.

Plusieurs pays ont réagi à l’interception. La Türkiye l’a qualifiée d’« acte de piraterie » dans un communiqué de son ministère des Affaires étrangères. L’Espagne a parlé d’une opération « illégale », tandis que l’Allemagne et l’Italie ont exprimé leur « grande inquiétude » et appelé à la libération des personnes détenues. De son côté, le département d’État américain a menacé jeudi d’« imposer des conséquences » à ceux qui soutiennent la flottille, qu’il présente comme « pro-Hamas ».

Cette opération intervient après une précédente interception menée en octobre dernier par l’armée israélienne contre environ 40 bateaux de la première Global Sumud Flotilla. Plus de 450 participants avaient alors été arrêtés, parmi lesquels le petit-fils de Nelson Mandela, la militante suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée Rima Hassan. Plusieurs militants avaient ensuite affirmé avoir subi des violences physiques et psychologiques en détention, avant leur expulsion par Israël.

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