Gouvernement Faye : des alliés de Sonko nommés malgré le boycott du Pastef

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officialisé ce lundi la composition d’un gouvernement de 30 ministres, une équipe où le Pastef-Les Patriotes, parti d’Ousmane Sonko, brille par son absence officielle. Cette décision s’inscrit dans une séquence politique tendue, marquée par une rupture progressive entre les deux hommes, autrefois unis sous le slogan « Sonko mooy Diomaye ». Dès le 22 mai 2026, Faye avait dissous le gouvernement et limogé Sonko de ses fonctions de Premier ministre, le jour même où ce dernier répondait aux députés à l’Assemblée nationale – un timing qui avait révélé l’ampleur des divergences, alors que le parti dénonçait déjà une « personnalisation excessive » du pouvoir par Sonko.

Pourtant, plusieurs figures proches de l’ancien Premier ministre figurent dans ce nouveau cabinet, comme Moussa Bala Fofana à l’Urbanisme ou Yankhoba Diémé aux Forces armées. Une présence qui s’explique par les tractations menées en coulisses : selon des sources internes, Faye aurait pris contact directement avec certains cadres du Pastef pour les intégrer à son équipe, une manœuvre perçue comme une tentative d’émancipation de l’influence de Sonko. Le président aurait ainsi cherché à contourner les instances du parti, tout en maintenant une façade d’unité avec des personnalités issues de son courant.

Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, Ousmane Sonko avait annoncé que le Pastef ne participerait pas au gouvernement, évoquant des « points de désaccord » avec le chef de l’État. Le parti, majoritaire à l’Assemblée nationale, avait présenté de nouvelles propositions sans obtenir de réponse favorable, selon l’AFP. Une absence qui interroge sur la capacité du nouveau gouvernement à gouverner sans le soutien de la principale force politique du pays, alors que les défis économiques et sociaux s’accumulent.

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a justifié cette composition lors d’une allocution retransmise en direct sur la RTS, affirmant que le président Faye avait mené des « concertations d’usage » avec toutes les parties concernées, y compris Sonko. Il a souligné que la priorité devait rester « la patrie et la République », au-dessus des considérations partisanes. Pourtant, cette déclaration contraste avec la réalité d’un exécutif désormais privé du poids du Pastef, conformément à la décision du parti de ne pas y siéger – une première depuis l’arrivée au pouvoir de Faye en 2024.

Plusieurs ministres de l’ancien gouvernement ont été reconduits, comme Cheikh Diba aux Finances ou Moustapha Mamba Guirassy à l’Éducation, dans un contexte de crise financière aggravée par les tensions politiques. Les critiques de Sonko, dès juillet 2025, sur un « problème d’autorité » dans le pays, avaient déjà semé les germes de cette rupture. Aujourd’hui, le nouveau gouvernement devra prouver sa légitimité face à une Assemblée nationale dominée par le Pastef, et où l’absence de représentation officielle du parti pourrait compliquer l’adoption des réformes promises par Faye.

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Un commentaire

  1. Il serait souhaitable de nous enlever cette photo de la vipère avec diomaye dans vos publicités.

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