Gouvernement Diomaye sans Pastef : le pari de l’exécutif face à une majorité parlementaire hostile

Depuis le limogeage d’Ousmane Sonko et la nomination d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô à la Primature, les regards étaient tournés vers le Palais. Le 1er juin, le président Bassirou Diomaye Faye a finalement nommé un gouvernement de 30 membres, marqué par la quasi-absence du Pastef, le parti dirigé par le nouveau président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Selon une analyse de Timbuktu-institute, le cabinet est principalement composé de technocrates et de personnalités proches du président.

Plusieurs figures influentes du Pastef, qui détenaient des ministères stratégiques comme l’Intérieur, la Justice ou le Pétrole, en sont exclues. Parmi les rares membres du parti maintenus figure Yankhoba Diémé, nommé ministre des Forces armées, qui n’a pas suivi la consigne de son parti de refuser de participer au gouvernement. Des alliés comme Moustapha Guirassy (Éducation nationale) et Déthié Fall (Infrastructures) restent en poste. Cheikh Diba est reconduit aux Finances avec des compétences élargies, tandis qu’El Hadji Abdourahmane Diouf prend l’Énergie et le Pétrole. À l’Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé succède à Maître Bamba Cissé.

En parallèle, le Pastef a tenu son premier congrès le 6 juin à Diamniadio, douze ans après sa création. Ousmane Sonko a été élu à l’unanimité président du parti. Devant une foule en liesse, il a affirmé qu’il n’y a « pas de crise institutionnelle » et exhorté ses partisans à éviter les injures. « Jamais je ne trahirai les idéaux et les principes du parti », a-t-il assuré, tout en définissant le Pastef comme une « force de pensée, d’organisation et de transformation ».

Dans un autre registre, le président Faye a célébré le centenaire d’Abdoulaye Wade au Grand Théâtre national. Il a érigé l’ancien président au rang de patrimoine national, déclarant : « Vous nous avez appris que l’adversaire d’un jour n’est pas un ennemi ». Un message perçu comme une référence aux tensions actuelles et un possible rapprochement avec le Parti Démocratique Sénégalais (PDS), qui dispose d’un solide socle électoral et forme un groupe parlementaire avec l’APR de Macky Sall.

Cette recomposition politique intervient alors que le président Diomaye a choisi de remplacer la traditionnelle Journée du dialogue national par une consultation resserrée avec des hautes personnalités, une méthode qui traduit sa volonté d’exercer l’autorité politique de manière plus directe et moins ouverte.

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