Lundi soir, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a rendu publique la composition de son gouvernement, validée par le président Bassirou Diomaye Faye. Cette équipe de 30 membres, qualifiée de « technocrates de combat », marque un tournant politique au Sénégal, alors que le parti PASTEF-Les Patriotes a choisi de ne pas y participer, malgré sa majorité écrasante à l’Assemblée nationale.
Parmi les figures clés de ce gouvernement, Cheikh Diba conserve le super-ministère de l’Économie, des Finances et du Plan. Sa présence est perçue comme un gage de stabilité pour les marchés financiers et le Fonds monétaire international (FMI), comme l’a relevé une enquête approfondie menée par Lactuacho. Mouhamadou Makhtar Cissé, nommé au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, incarne quant à lui une autorité reconnue pour garantir l’ordre public et la gestion territoriale.
D’autres nominations stratégiques retiennent l’attention. Abdourahmane Diouf prend la tête du ministère de l’Énergie et du Pétrole, un secteur crucial à l’heure où le Sénégal s’apprête à exploiter ses ressources en hydrocarbures. Alpha Thiam, quant à lui, se voit confier le pôle Culture, Artisanat et Tourisme, avec la responsabilité d’organiser l’accueil des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ).
Cependant, cette équipe gouvernementale doit composer avec une Assemblée nationale où PASTEF détient 130 sièges. Sans majorité parlementaire, chaque projet de loi ou budget pourrait devenir un casse-tête politique. Les scénarios de blocage, allant d’une collaboration à la carte à une crise institutionnelle majeure, sont déjà évoqués par les observateurs. Le risque d’une motion de censure ou d’un rejet de la Loi de Finances plane, avec des conséquences potentielles sur les décaissements du FMI et les investissements publics.
Le président du Cercle des Administrateurs Publics, Lansana Gagny Sakho, avait déjà souligné en mai 2026 que cette configuration inédite pourrait redéfinir l’équilibre des pouvoirs au Sénégal, entre un exécutif affaibli et un législatif renforcé.
Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, dispose désormais d’une tribune pour incarner l’opposition et préparer l’échéance présidentielle de 2029.
