Frappé par 14 missiles, le Qatar rouvre partiellement son ciel pour une catégorie stricte de vols

Le secteur aérien du Golfe subit de plein fouet l’escalade militaire en cours au Moyen-Orient. Alors que l’espace aérien qatari était totalement verrouillé depuis plusieurs jours en raison des tirs croisés dans la région, Doha amorce une reprise extrêmement prudente de son trafic, dictée par l’urgence de la situation.

Selon les informations d’Al Jazeera, l’Autorité de l’aviation civile du Qatar a annoncé vendredi soir une réouverture limitée de son espace aérien. Cette mesure ne marque pas un retour à la normale : les vols commerciaux réguliers au départ et à destination de Doha demeurent suspendus jusqu’à nouvel ordre. Le trafic est désormais autorisé uniquement à travers des itinéraires de contingence désignés, et se limite strictement aux services de fret et à une catégorie précise de vols dédiés à « l’évacuation de passagers ».

Dans ce cadre, Qatar Airways a programmé des vols de rapatriement pour la journée du 7 mars au départ de l’aéroport international Hamad. Ces liaisons desserviront cinq capitales européennes : Londres, Paris, Madrid, Rome et Francfort. La compagnie précise que la priorité d’embarquement est accordée aux passagers bloqués en famille, aux personnes âgées, ainsi qu’aux urgences médicales et humanitaires.

Cette paralysie initiale avait été décrétée le 28 février. Le ministère qatari de la Défense a confirmé que le pays a dû activer son armée de l’air et ses intercepteurs après avoir été touché jeudi par 14 missiles balistiques et quatre drones tirés depuis l’Iran. Ces frappes s’inscrivent dans la riposte de Téhéran face à l’opération militaire conjointe des États-Unis et d’Israël, baptisée « Epic Fury », qui a fait au moins 1 332 morts sur le territoire iranien depuis son lancement.

Les répercussions logistiques s’étendent bien au-delà de Doha, où plus de 2 000 vols ont été annulés. À l’échelle régionale, le cabinet d’analyse Cirium estime à 23 000 le nombre de vols supprimés depuis fin février. Aux Émirats arabes unis, l’aéroport international de Dubaï a dû être évacué dimanche à la suite des frappes et enregistre près de 4 000 annulations. La compagnie Emirates opère actuellement à environ 60 % de sa capacité réseau. Du côté d’Abou Dabi, l’aéroport international Zayed affiche plus de 1 000 annulations et fonctionne à capacité réduite.

Le Koweït est également touché par les agressions iraniennes dans le Golfe. Son aéroport a subi des dommages matériels lors d’attaques de drones ayant légèrement blessé des employés. L’espace aéroportuaire koweïtien reste totalement fermé au trafic commercial, obligeant Kuwait Airways à rediriger ses ressortissants via Djeddah, en Arabie Saoudite.

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