Après l’annulation par les autorités sénégalaises de la table ronde internationale consacrée aux disparitions forcées en Guinée, le mouvement Tournons La Page (TLP) Guinée a présenté, ce jeudi 6 août 2026, ses travaux au Forum social mondial de Cotonou. À travers un document intitulé « Stratégie d’État », son coordinateur, Alseny Farinta Camara, a dressé un état des lieux des violations graves des droits humains en Guinée depuis le 5 septembre 2021.
Selon le responsable de TLP Guinée, la coalition de la société civile documente depuis 2021 des atteintes aux droits humains qu’elle attribue aux autorités guinéennes. Le rapport évoque une « stratégie d’État » visant à réduire au silence les voix dissidentes, à restreindre l’espace civique et à cibler les défenseurs des droits humains, les journalistes, les militants ainsi que les proches d’opposants.
Le mouvement affirme avoir documenté au moins 35 cas de disparitions forcées, dont quatre enfants, une femme et une personne âgée de 76 ans, ainsi que 12 enlèvements arbitraires.
D’après TLP Guinée, la majorité des victimes auraient ensuite été libérées, tandis qu’une personne resterait détenue depuis le 6 mars 2026 à la Maison centrale de Conakry et que deux autres auraient été contraintes à l’exil.
Dans sa présentation, Alseny Farinta Camara soutient que plusieurs unités des forces de sécurité seraient impliquées dans ces opérations.
Il décrit un mode opératoire en cinq étapes : ciblage, surveillance, enlèvement, détention secrète et déni des faits par les autorités. Ces accusations n’ont pas été corroborées de manière indépendante dans le document présenté.
Pour lutter contre ce que le mouvement qualifie de banalisation des violations, TLP Guinée a annoncé la mise en place d’une plateforme numérique de mémoire, de documentation et de plaidoyer destinée à archiver les cas documentés et à favoriser, selon ses promoteurs, la vérité, la redevabilité et la prévention de l’impunité.
Le mouvement appelle également la communauté internationale, la CEDEAO, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que les partenaires techniques et financiers à diligenter une mission indépendante d’établissement des faits en Guinée, à exiger davantage de transparence sur les disparitions forcées et à renforcer la protection des défenseurs des droits humains.
« La Guinée vit un retour aux pratiques les plus sombres de son histoire. Sous la gouvernance du Général Mamadi Doumbouya, l’État utilise la disparition forcée et la torture comme outils politiques. Face à l’indifférence de la communauté internationale, la population guinéenne est abandonnée. », a déclaré Alseny Farinta Camara, coordinateur de Tournons La Page Guinée à Cotonou.
