Forêts classées de Thiès : les autorités annoncent une réactualisation des limites avec les communautés locales

La région de Thiès est confrontée à une dégradation alarmante de ses forêts classées, sous l’effet conjugué de l’urbanisation, de la pression foncière et des déclassements. Lors d’un Comité régional de développement (CRD) sur la gestion durable des ressources forestières, les participants ont tiré la sonnette d’alarme. D’après le quotidien EnQuête, le lieutenant-colonel El Hadj Malick Ndione, chef du Service régional des Eaux et Forêts de Thiès, a souligné que la première forêt classée de la région, celle de Thiès, a été créée en 1933.

Ces espaces protégés, essentiels pour l’équilibre écologique du plateau de Thiès, contribuent à la régulation du climat, à la préservation de la biodiversité et à la sauvegarde des ressources naturelles. Mais au fil des ans, la situation s’est aggravée. Selon les chiffres présentés au CRD, le taux de couverture forestière classée n’est plus que de 15,04 %, en raison de déclassements, de l’étalement urbain et de la reconversion des terres. Les déclassements cumulés depuis 1957 représentent environ 15 % de la superficie initiale des forêts classées, d’après des données antérieures du service régional.

Un plan de révision des limites

Pour y remédier, les autorités forestières lancent une vaste opération de réactualisation des limites des forêts classées. Cette initiative se fera en collaboration avec les communautés locales et les chefs de village, afin de repérer les occupations illégales et de mieux sécuriser les zones protégées. Le lieutenant-colonel Ndione insiste : la sauvegarde de ces forêts est cruciale pour lutter contre le changement climatique et protéger durablement la biodiversité.

De son côté, l’adjoint au gouverneur de Thiès, Ababacar Sadikh Niang, a mis l’accent sur la sensibilisation. Il a rappelé que les forêts classées sont un bien national, et non un réservoir foncier destiné à des usages contraires à leur vocation environnementale. Les autorités veulent ainsi renforcer la gouvernance environnementale via une approche participative, associant services techniques, collectivités territoriales, organisations communautaires et société civile. Ces informations ont été rapportées par Lactuacho.

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