Le recours aux fonds d’investissement apparaît de plus en plus comme une alternative crédible face au durcissement des conditions d’accès aux financements bancaires en Afrique. C’est ce qu’ont estimé des investisseurs, entrepreneurs et spécialistes de la finance réunis samedi à Dakar pour la deuxième édition du forum »Dakar business connect » (DBC).
Un contexte de durcissement du crédit bancaire
Selon le fondateur du magazine Le Marché et promoteur du forum, Abdou Diaw, les États africains sont confrontés à un contexte marqué par un accès de plus en plus difficile aux financements bancaires et aux marchés internationaux. Les fonds d’investissement constituent dès lors une alternative pour soutenir à la fois le secteur public et le secteur privé.
Pour Constantin Dabiré, président-directeur général de la Société africaine d’ingénierie et d’intermédiation financière (SA2IF), basée à Ouagadougou, ces fonds sont des »véhicules financiers » capables d’apporter la liquidité nécessaire aux investissements. »Les besoins de financement sont de plus en plus importants alors que la question de la liquidité devient un défi majeur dans les économies africaines », a-t-il soutenu, dans des propos rapportés par l’APS.
Un appel à multiplier les fonds dans l’UEMOA
M. Dabiré a plaidé pour une augmentation du nombre de fonds d’investissement dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), estimant les ressources disponibles insuffisantes. Il a également souligné que ces fonds interviennent dans la plupart des secteurs, notamment l’énergie, les PME et les PMI.
Le cofondateur et directeur général d’Ion Medical, Henry Ousmane Gueye, a témoigné de l’impact concret des fonds d’investissement sur le développement de son entreprise spécialisée dans les solutions numériques pour la santé. »Le principal défi était de montrer qu’une entreprise privée peut intervenir efficacement dans un secteur public tout en développant un modèle durable et attractif pour les investisseurs », a-t-il déclaré, appelant à un soutien accru aux entreprises locales.
Au Sénégal, le Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS) illustre cette logique : avec 55 milliards de F CFA injectés en fonds propres, il a généré un effet multiplicateur sur l’investissement national. Parmi ses interventions, 2,1 milliards ont été alloués à huit PME/PMI dans des secteurs stratégiques comme la santé, le BTP, l’agroalimentaire et le textile, via un mécanisme de financement qui se distingue des exigences bancaires habituelles, sans garantie ni taux d’intérêt.

