Limité à quatre véhicules d’investissement majeurs, le levier juridique et fiscal que le Fonsis négocie actuellement avec l’État

Pour transformer les Petites et moyennes entreprises (PME) en champions nationaux, l’accès au financement bancaire classique ne suffit plus. Lors de la première édition des « Rendez-vous du capital-investissement », organisée en partenariat avec le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes), la direction du Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) a posé un diagnostic clair sur les limites actuelles du système et la nécessité d’une évolution structurelle.

Le paysage sénégalais du capital-investissement reste pour l’heure restreint. Selon les données communiquées par Le Quotidien, le pays ne compte à ce jour que quatre fonds opérationnels : Teranga Capital, le WE! Fund, le Fonds islamique de relance et Oyass Capital. Ces véhicules d’investissement représentent une taille cumulée de 85 milliards de francs CFA. Un volume jugé insuffisant par Babacar Gning, Directeur général du Fonsis, pour répondre aux ambitions de la « Vision Sénégal 2050 ».

Pour dépasser ce plafond et multiplier le nombre d’acteurs, une réforme en profondeur est sur la table. Babacar Gning plaide pour l’instauration d’un cadre légal et réglementaire spécifique, avec un accent particulier sur la fiscalité. L’objectif est de rendre la destination Sénégal attractive pour les investisseurs privés susceptibles d’établir des fonds locaux. Ces discussions sont actuellement menées entre le Fonsis, l’État central et l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (Apix).

L’enjeu de cette réforme est de favoriser le financement en fonds propres, complémentaire à la dette bancaire. Contrairement au crédit classique, ce modèle n’exige ni garantie, ni taux d’intérêt, ni échéancier de remboursement immédiat. Il repose sur un partage des risques : les investisseurs partagent les bénéfices en cas de succès, mais assument aussi les pertes. Ce « financement patient » s’accompagne souvent d’une assistance technique pour renforcer la gouvernance des entreprises ciblées.

Depuis 2014, le Fonsis a investi 55 milliards de francs CFA à travers 26 participations, générant un effet de levier global de 600 milliards. Toutefois, pour atteindre l’objectif d’une dizaine de nouveaux fonds basés au Sénégal, la mobilisation massive de capitaux privés, nationaux comme internationaux, devient l’impératif majeur identifié par les autorités pour soutenir le programme « Sunu champion ».

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