Le Sénégal figure parmi les marchés les plus avancés de la fibre optique en Afrique de l’Ouest, aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Nigéria. Le rapport « Le chemin inégal vers la connectivité à haut débit en Afrique de l’Ouest », publié par Ookla en 2026, décrit toutefois des écarts importants entre les pays.
Dans cette évolution, la fibre optique au Sénégal couvre entre 35 % et 40 % des logements selon l’estimation de l’étude. La progression s’appuie aussi sur le renforcement des infrastructures internationales : mis en service au Sénégal, le câble sous-marin 2Africa a porté la capacité de bande passante internationale de 1 620 Gbit/s en 2024 à plus de 180 Tbit/s en 2026, multipliant par dix les débits Internet disponibles. Après la refonte du réseau résidentiel de Sonatel en février 2026, le débit descendant médian a ainsi progressé de 78 %, pour atteindre 38,55 Mbit/s à la mi-2026. La Côte d’Ivoire affiche la hausse la plus rapide, avec près de 61 Mbit/s au premier semestre 2026.
Le Nigéria enregistre pour sa part une progression régulière. Sa vitesse médiane de téléchargement est passée de 13,50 Mbit/s en 2023 à 34,47 Mbit/s au premier semestre 2026, soit une multiplication par 2,55. Au Ghana, 261 938 abonnés à la fibre étaient recensés au quatrième trimestre 2025, mais ils représentaient moins de 0,8 % de la population.
Le Togo apparaît comme un marché à forte croissance, soutenu par des politiques volontaristes. Ses fournisseurs d’accès proposaient certains des forfaits à moins de 25 Mbit/s les moins chers d’Afrique de l’Ouest. Les différences de réglementation et d’infrastructures expliquent des performances variables dans la sous-région.
Les opérateurs doivent encore composer avec les coûts de déploiement, les risques de sécurité et la concurrence des solutions satellitaires. Dr Samba Faye, cité par pressafrik, et l’étude citée soulignent aussi qu’en 2024, le Nigéria a enregistré plus de 50 000 coupures de fibre optique.
La rentabilité à long terme dépendra de l’équilibre entre le déploiement de réseaux urbains à forte densité et des offres tarifaires plus innovantes et moins coûteuses. L’augmentation de la capacité internationale, à elle seule, ne garantit pas une couverture homogène : elle doit encore être relayée par des réseaux d’accès suffisamment étendus et abordables.
