La présentation de la stratégie 2026 de la Sonatel met en lumière un contraste marquant dans le paysage numérique sénégalais. Si le déploiement des infrastructures atteint des niveaux records, l’adoption réelle par les populations ne suit pas la même dynamique. Face à ce constat, l’opérateur ajuste ses offres technologiques et revoit son modèle financier sur un marché de plus en plus disputé.
Selon les informations rapportées par IGFM, le Sénégal affiche aujourd’hui des taux de couverture de 97 % pour la 4G et de 40 % pour la 5G. Pour atteindre les 3 % de la population situés dans des zones rurales ou très peu peuplées, où le déploiement de la fibre optique n’est pas économiquement viable, l’entreprise a lancé en décembre 2025 une offre satellite en partenariat avec TELSA.
Cependant, la direction de la Sonatel souligne que le véritable défi actuel n’est plus la couverture réseau, mais l’usage effectif d’internet. Les données indiquent que près de 9 millions de personnes couvertes par le réseau ne se connectent pas. Ce décalage s’explique principalement par le manque de smartphones adaptés et un déficit de formation au numérique. Pour corriger cette trajectoire, l’opérateur déploie une approche axée sur la formation à travers les Orange Digital Centers, la facilitation de l’accès aux équipements et le développement de contenus locaux, tels que des applications pour les marchés de proximité ou le parcours du bétail.
Sur le segment des services financiers, la Sonatel reconnaît avoir été bousculée par l’émergence de nouveaux concurrents comme Wave. Depuis octobre 2025, le modèle d’Orange Money a été restructuré pour s’aligner sur les nouvelles attentes du marché et les directives d’interopérabilité de la Banque Centrale. Les transferts entre utilisateurs (P2P) sont désormais gratuits au sein de l’écosystème. Des frais de 1 % s’appliquent uniquement lors des retraits, une somme majoritairement reversée aux distributeurs. Cette refonte s’accompagne d’une nouvelle interface via l’application Max it.
Concernant l’arrivée de nouveaux acteurs satellitaires comme Starlink, qui suscite des inquiétudes sur le plan syndical, la direction rappelle que le code des télécommunications autorise la pluralité des technologies. L’entreprise insiste toutefois sur la nécessité d’une application équitable des règles pour tous les acteurs du marché.
Les perspectives de l’opérateur s’orientent vers l’année 2026, marquée par l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) au Sénégal. La Sonatel prévoit de déployer des solutions cloud et des dispositifs de cybersécurité spécifiques pour cet événement, avec l’objectif affiché par son Directeur Général de regagner la confiance des clients sénégalais.