En visite à la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales, le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé, dimanche, l’ambition du gouvernement de faire de l’agriculture un pilier central du développement économique et social du Sénégal.
Face aux acteurs du secteur, le chef du gouvernement a insisté sur le rôle stratégique du primaire dans la construction d’une économie solide et souveraine. « Un pays qui a des ambitions sérieuses doit placer l’agriculture au cœur de ses priorités », a-t-il déclaré, soulignant que ce secteur demeure un levier incontournable pour bâtir une croissance endogène.
Ousmane Sonko a par ailleurs dressé un constat critique des politiques agricoles passées, évoquant des approches marquées par « des ratés et des tâtonnements », souvent éloignées des préoccupations des producteurs. Une situation que le gouvernement entend corriger à travers une refonte globale en cours.
Une nouvelle politique agricole en gestation
Le Premier ministre a ainsi annoncé la mise en place prochaine d’une « nouvelle politique agricole du Sénégal », pensée comme une approche intégrée englobant l’agriculture, l’élevage et la pêche. Cette stratégie couvrira l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation, en passant par l’accès au foncier, les mécanismes de financement et les subventions.
L’objectif affiché est clair : renforcer la souveraineté alimentaire du pays. « Nous devons sécuriser nos approvisionnements et réduire notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur », a-t-il affirmé, estimant que la réussite du Plan national de transformation repose en grande partie sur un secteur agricole performant.
Agriculture et industrialisation : un lien stratégique
Au-delà de la production, Ousmane Sonko a mis en avant le potentiel industriel du secteur agricole. Il a notamment évoqué les nombreuses opportunités offertes en matière de transformation, citant des filières comme le textile ou encore l’industrie du cuir, directement liées aux ressources agricoles et pastorales.
Des progrès salués, des défis à relever
Le chef du gouvernement s’est également félicité des avancées enregistrées ces dernières années, évoquant une hausse significative des rendements et l’atteinte de l’autosuffisance sur certains produits.
Il a aussi salué les progrès techniques, notamment dans l’élevage, avec des initiatives d’amélioration génétique adaptées au contexte local, à l’image du mouton Ladoum, devenu une référence au-delà des frontières nationales.
Cependant, des défis subsistent, notamment en matière de commercialisation. Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de mieux structurer les circuits de distribution afin de permettre aux producteurs d’écouler rapidement leurs récoltes et de limiter les pertes.
Dans cette dynamique, l’État entend encourager la consommation locale. Le Premier ministre a ainsi annoncé des directives visant à privilégier les produits nationaux, notamment le riz local, au sein des institutions publiques telles que les écoles, universités et casernes.
Un appel à la mobilisation
Réaffirmant l’engagement de l’État aux côtés des acteurs du secteur, Ousmane Sonko a assuré que producteurs, investisseurs et partenaires bénéficieront d’un accompagnement renforcé.
« Vous pouvez compter sur le soutien de l’État », a-t-il lancé, avant d’appeler à une mobilisation collective pour réussir la transformation agricole du pays.
« Ensemble, nous allons transformer ce pays en transformant d’abord l’agriculture », a conclu le Premier ministre.