Expulsé d’Espagne après deux ans de négociations : le cas lourd d’un Sénégalais multirécidiviste

Un Sénégalais de 45 ans, en situation irrégulière, a été expulsé d’Espagne après plus de deux années de négociations entre les autorités espagnoles et le consulat du Sénégal. L’homme, sans domicile fixe, s’était installé dans un squat de Figueras, en Catalogne, d’où il commettait des délits quasi quotidiens.

Son casier judiciaire est particulièrement lourd : vols avec violence, menaces graves, agressions envers les forces de l’ordre et une enquête pour tentative de meurtre. Selon Le FMI, les résidents de Figueras multipliaient les signalements face à ses accès de violence et de vandalisme. Les forces de l’ordre ont indiqué que le récidiviste avait « suscité une profonde inquiétude sociale et gravement perturbé la coexistence pacifique ».

Cette expulsion s’inscrit dans une tendance plus large en Europe. En Italie, un Sénégalais de 38 ans avait été expulsé le 29 avril 2026 après avoir purgé une peine de 6 ans et 5 mois pour agression aggravée, vol aggravé, résistance à l’arrestation et insulte à un fonctionnaire. La police de Viterbe avait justifié cette mesure par le danger que représentait le condamné pour la société, un motif similaire à celui invoqué par les autorités espagnoles.

Pour localiser l’homme, la Police nationale espagnole a renforcé sa collaboration avec la police catalane lors d’une opération conjointe de surveillance. Une fois arrêté, il a été transféré à l’aéroport Adolfo Suárez Madrid-Barajas et embarqué à bord d’un vol à destination du Sénégal, avec interdiction de revenir sur le territoire espagnol pendant plusieurs années.

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Un commentaire

  1. En tant que défenseur des droits humains, je rappelle qu’aucune société démocratique ne peut se permettre de réduire la question de la sécurité à un simple acte d’expulsion.

    Oui, la sécurité et la convivència sont essentielles.

    Mais il est tout aussi essentiel de reconnaître ce que personne ne dit :

    l’exclusion sociale systémique, les parcours de marginalisation, et parfois même le racisme institutionnel que subissent de nombreux étrangers dans nos villes.

    Avant d’arriver à des situations extrêmes, combien de portes se sont fermées ?

    Combien de dispositifs sociaux ont échoué ?

    Combien de fois la personne a-t-elle été traitée uniquement comme un “problema” et non comme un être humain ?

    Utiliser un cas individuel pour justifier une politique générale d’expulsions est dangereux.

    Cela alimente la peur, renforce les stéréotypes et invisibilise les réalités complexes : précarité, absence d’accompagnement, discriminations, erreurs administratives, dérives institutionnelles.

    Défendre les droits humains, ce n’est pas excuser les actes nuisibles.

    C’est rappeler que la dignité humaine n’est pas négociable, que la loi doit s’appliquer sans discrimination, et que la sécurité ne peut jamais devenir un prétexte pour normaliser l’exclusion ou la stigmatisation d’un groupe entier.

    La convivència se construit avec justice, équité et responsabilité

    — pas avec des discours qui opposent “bons citoyens” et “étrangers indésirables”.

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