RFI rapporte que la réélection d’Ousmane Sonko à la tête du Pastef, samedi dernier, a renforcé son emprise sur le parti au pouvoir. Mais derrière cette démonstration d’unité, une question agite désormais la scène politique sénégalaise : quel avenir pour le président Bassirou Diomaye Faye au sein du Pastef ? Toujours président d’honneur du parti, le chef de l’État risque-t-il une exclusion ?
L’interrogation est d’autant plus vive que Sonko, écarté de la Primature il y a deux semaines par Diomaye Faye, conserve une influence considérable sur la majorité parlementaire. En cas de désaccord avec la politique du gouvernement, le Pastef dispose d’une arme institutionnelle de poids : la motion de censure. Une hypothèse politiquement crédible selon les observateurs, d’autant que des membres du parti ayant choisi de rester au gouvernement malgré la consigne de ne pas y participer pourraient aussi voir leur sort scellé.
Cette situation intervient dans un climat déjà tendu. Mi-décembre, le Dr Momar Thiam, expert en communication politique, analysait les déclarations du président Diomaye Faye évoquant la succession présidentielle comme une « perche tendue à Ousmane Sonko ». Quelques jours plus tard, Cheikh Ibrahima Diallo, secrétaire général du PJD et membre de la coalition « Diomaye Président », critiquait violemment le Premier ministre et le gouvernement, dépeignant un Sénégal « sous l’influence des politiques » vivant « ses jours les plus sombres ».
