La représentante démocrate du Minnesota, Ilhan Omar, se retrouve une nouvelle fois au centre d’une vive controverse concernant son histoire matrimoniale et migratoire. Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a affirmé lors d’une convention républicaine à Dallas que l’élue aurait épousé son frère afin de faciliter son entrée aux États-Unis.
Selon les propos rapportés par plusieurs médias américains, le responsable a déclaré qu’une enquête fédérale était en cours. Interrogé à ce sujet, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) n’a toutefois fourni aucun élément permettant de confirmer l’accusation. L’agence a simplement indiqué qu’elle ne commentait pas les enquêtes en cours ni les éventuelles mesures futures. JNS
Une accusation ancienne et toujours non prouvée
Cette affaire concerne Ahmed Nur Said Elmi, que la parlementaire avait légalement épousé en 2009 avant leur divorce prononcé en 2017. Depuis 2016, certains opposants politiques soutiennent qu’Elmi serait son frère et que cette union aurait été organisée à des fins migratoires.
Ilhan Omar a toujours rejeté catégoriquement ces accusations, les qualifiant de mensongères, offensantes et politiquement motivées. Des enquêtes journalistiques ont relevé certaines incohérences dans ses déclarations fiscales et sa chronologie matrimoniale. Cependant, aucune preuve publique et concluante n’a jusqu’ici démontré qu’Ahmed Elmi était son frère biologique ou que leur mariage constituait une fraude migratoire. PolitiFact, Africa Check
Une expulsion n’est pas automatique
Naturalisée américaine, Ilhan Omar ne pourrait pas être expulsée sur la seule base de déclarations politiques ou de soupçons. Les autorités devraient d’abord établir devant la justice qu’elle a obtenu sa citoyenneté illégalement, par dissimulation d’un fait important ou par une fausse déclaration volontaire.
Une éventuelle dénaturalisation nécessiterait donc une procédure judiciaire et des preuves solides. Ce n’est qu’après la perte effective de sa citoyenneté qu’une procédure d’expulsion pourrait éventuellement être envisagée. Le ministère américain de la Justice précise d’ailleurs que les accusations contenues dans une demande de dénaturalisation restent de simples allégations tant qu’un tribunal n’a pas rendu sa décision. Département américain de la Justice
À ce stade, aucune inculpation ni décision judiciaire contre Ilhan Omar n’a été rendue publique dans cette affaire. Les déclarations du responsable du DHS relancent donc une controverse ancienne, mais elles ne constituent pas, à elles seules, une preuve de culpabilité.
