États-Unis : le coût officiel révélé par le Pentagone pour la guerre contre l’Iran

Au États-Unis, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a été interrogé publiquement pour la première fois par le Congrès sur la guerre menée par Washington et Israël contre l’Iran. Cette audition, tenue plus de deux mois après le début des frappes du 28 février, s’est déroulée alors que les combats sont en grande partie suspendus depuis le 8 avril, sur fond de blocus naval américain dans le détroit d’Ormuz.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le Pentagone a, pour la première fois, avancé un coût officiel de la guerre à 25 milliards de dollars. Cette estimation a été donnée par Jules Hurst III, contrôleur par intérim du Pentagone, qui a indiqué que « la majeure partie » de cette somme correspond aux munitions, au déploiement accéléré de moyens militaires au Moyen-Orient et aux équipements perdus pendant les combats.

Au cours de l’audition, Pete Hegseth a refusé de préciser si ce montant incluait les dégâts subis par les bases militaires américaines dans la région ou le coût du réapprovisionnement des stocks d’armes américains. Des médias américains, cités dans le contenu source, ont également indiqué que l’administration envisagerait de demander 200 milliards de dollars supplémentaires au Congrès pour l’effort de guerre, sans qu’une requête officielle n’ait encore été déposée.

Le chef du Pentagone a aussi été vivement interpellé sur les objectifs de guerre liés au programme nucléaire iranien. Le représentant démocrate Adam Smith a relevé ce qu’il a présenté comme une contradiction entre l’affirmation selon laquelle le programme nucléaire iranien représentait une menace imminente avant la guerre, et les déclarations de Pete Hegseth affirmant qu’il avait été « anéanti ». En réponse, ce dernier a soutenu que les installations iraniennes avaient été « bombardées et anéanties », tout en ajoutant que les ambitions de Téhéran se poursuivaient.

L’audition a donné lieu à plusieurs échanges tendus avec des élus démocrates. Face au représentant John Garamendi, qui a qualifié la guerre de « bourbier » et de « désastre politique et économique », Pete Hegseth a accusé certains parlementaires de fournir de la « propagande » aux adversaires des États-Unis. Plus tard, interrogé par Ro Khanna sur la frappe américaine contre une école à Minab, qui a tué au moins 120 enfants selon le contenu source, il a répondu que cette affaire faisait toujours l’objet d’une enquête et a refusé d’en chiffrer le coût pour les contribuables américains.

D’après Al Jazeera, l’audition intervient également à l’approche d’un jalon juridique important. Vendredi marquera 60 jours depuis la notification officielle du Congrès par Donald Trump concernant les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran. En vertu du War Powers Act de 1973, le président américain est en principe tenu soit d’engager un retrait des troupes, soit d’obtenir une autorisation du Congrès pour poursuivre les hostilités. Or, les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants et au Sénat, ont jusqu’ici largement indiqué qu’ils éviteraient un vote formel sur cette autorisation.

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