Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé vendredi une hausse des droits de douane sur les voitures et camions en provenance de l’Union européenne. La mesure, qui concerne un secteur déjà sensible dans les échanges transatlantiques, doit entrer en vigueur la semaine prochaine, selon les éléments communiqués par Washington.
D’après Al Jazeera, Donald Trump a indiqué que le nouveau taux serait porté à 25% pour les automobiles européennes. Dans un message publié sur Truth Social, il a accusé l’Union européenne de ne pas respecter « notre accord commercial pleinement conclu », sans donner davantage de précisions sur les manquements évoqués. Il a également affirmé qu’aucun tarif ne serait appliqué si les voitures et camions étaient produits dans des usines situées aux États-Unis.
Cette annonce intervient plusieurs mois après un accord commercial conclu entre Washington et Bruxelles, alors que l’administration Trump avait imposé des droits dits réciproques à plusieurs partenaires commerciaux. Cet accord prévoyait des droits de douane de 15% sur la plupart des biens, un niveau inférieur aux 30% auparavant brandis par le président américain. Al Jazeera rappelle aussi que la Cour suprême des États-Unis avait ensuite estimé que Donald Trump ne disposait pas de l’autorité nécessaire pour déclarer une urgence nationale afin de justifier une partie de ces tarifs, ce qui avait ramené le plafond applicable aux produits européens à 10%.
L’Union européenne n’a pas réagi immédiatement à cette nouvelle annonce. En Allemagne, Hildegard Mueller, présidente de l’association automobile VDA, a appelé les États-Unis et l’Union européenne à respecter l’accord commercial existant et à régler rapidement le différend. Elle a déclaré que le coût de droits de douane supplémentaires serait considérable et qu’il toucherait probablement les consommateurs américains.
Avant cette nouvelle décision, l’Union européenne avait indiqué s’attendre à ce que l’accord bilatéral permette aux constructeurs automobiles européens d’économiser entre 500 et 600 millions d’euros par mois, soit environ 587 à 704 millions de dollars. Le contexte reste tendu sur le plan commercial alors que, selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’économie mondiale demeure fragilisée par les répercussions de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Donald Trump avait lancé sa campagne tarifaire l’an dernier en la présentant comme un moyen de relancer l’industrie nationale. Le média qatari précise que des experts jugent les résultats de cette stratégie limités, tandis que des critiques soulignent que les coûts ont été supportés par les entreprises américaines, puis répercutés sur les consommateurs. Par ailleurs, après une décision de justice, l’administration Trump devait prochainement commencer à verser les premiers remboursements sur un total estimé à 166 milliards de dollars de droits de douane acquittés par des entreprises.