La politique commerciale de Donald Trump vient de se heurter à un obstacle juridique majeur. La plus haute juridiction des États-Unis a invalidé une partie des barrières douanières imposées par le président américain, suscitant des réactions attentives chez les partenaires européens et déclenchant une contre-offensive immédiate à Washington.
Vendredi 20 février, la Cour suprême des États-Unis a statué, à une majorité de six juges contre trois, contre la décision de Donald Trump de taxer la quasi-totalité des produits entrant sur le territoire américain. Les magistrats ont estimé que le président avait outrepassé ses prérogatives constitutionnelles. Pour justifier ces droits de douane, Donald Trump s’était appuyé sur une législation de 1977 permettant à l’exécutif d’agir sans l’aval préalable du Congrès dès lors qu’une « urgence économique » était identifiée. La Cour a rejeté cet argument, jugeant que la situation actuelle ne permettait pas de justifier ces mesures par une telle urgence.
Cette décision a été suivie de près de l’autre côté de l’Atlantique. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré dimanche que cette annulation partielle ne pouvait être qualifiée de « mauvaise nouvelle ». Invité de l’émission « Questions politiques » diffusée sur franceinfo, France Inter et Le Monde, il a rappelé que personne « ne peut sortir gagnant de guerres commerciales ». Le chef de la diplomatie française a également souligné qu’il y a « quelque chose à reconstruire entre deux partenaires commerciaux de premier plan, l’Union européenne et les États-Unis ».
À Washington, la réponse présidentielle a été frontale. Jugeant la décision « profondément décevante », Donald Trump a déclaré avoir « honte » de certains juges, leur reprochant de manquer de courage pour prendre les décisions nécessaires pour le pays. Lors d’une conférence de presse, il a accusé les magistrats de s’aligner sur les « Démocrates d’extrême gauche » et les « intérêts étrangers ».
Dans la foulée de ce revers judiciaire, le président américain a acté une nouvelle mesure tarifaire. Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, Donald Trump a annoncé le rehaussement immédiat de ses nouveaux droits de douane mondiaux, décidant de faire passer ce taux de 10 % à 15 %.