L’invocation de la « menace chinoise » pour justifier les ambitions sur le Groenland suscite une vive réaction de Pékin

La question de la souveraineté sur le Groenland continue d’alimenter les tensions géopolitiques entre les grandes puissances. Alors que Washington manifeste un intérêt croissant pour ce territoire autonome rattaché au Danemark, les justifications avancées par l’administration américaine provoquent des remous diplomatiques jusqu’en Asie. Pékin est officiellement monté au créneau pour contester la rhétorique utilisée par les États-Unis dans ce dossier sensible.

Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la Chine a exhorté lundi les États-Unis à cesser d’instrumentaliser la notion de « menace chinoise ». Pour le ministère chinois des Affaires étrangères, cet argument ne sert qu’à légitimer les ambitions territoriales américaines dans l’Arctique. Guo Jiakun, porte-parole de la diplomatie chinoise, a rappelé devant la presse que l’ordre international doit reposer sur le respect de la Charte des Nations Unies, qualifiant les manœuvres américaines de prétextes pour servir des « intérêts personnels ».

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de pression accrue exercée par le président américain Donald Trump. Ce dernier a récemment évoqué la possibilité d’imposer des droits de douane supplémentaires de 10 % aux pays déployant des troupes dans l’Arctique. L’intérêt de Washington pour le Groenland s’explique par sa position stratégique et ses vastes ressources minérales, un potentiel que les États-Unis souhaitent sécuriser face à l’activité de la Russie et de la Chine dans la région.

La tension est montée d’un cran samedi avec une annonce spécifique concernant l’Europe. Donald Trump a déclaré que Washington appliquerait, dès le 1er février, des taxes de 10 % sur les marchandises provenant de huit pays européens : le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande. Ces droits de douane pourraient grimper jusqu’à 25 % en juin. Cette mesure de rétorsion vise directement l’opposition de ces nations à une prise de contrôle américaine sur l’île.

Face à cette menace économique, les huit pays concernés ont publié dimanche une déclaration commune. Ils y réaffirment leur engagement pour la sécurité de l’Arctique tout en rejetant la logique de sanction commerciale liée au statut du Groenland, dont le Danemark a maintes fois exclu la vente.

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