Enquête sur les violences de 2016 au Gabon : la diplomatie française accusée de protéger ces profils précis

Le ministère français des Affaires étrangères se trouve au centre d’accusations d’entrave à la justice dans le cadre de l’instruction menée à Paris sur les violences postélectorales survenues au Gabon en 2016. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, s’appuyant sur une enquête de l’hebdomadaire Marianne, le Quai d’Orsay a volontairement restreint la transmission de pièces réclamées par les magistrats.

Sur un total de 315 documents exigés par la justice, seules 35 pièces ont été fournies. Cette rétention a entraîné de multiples relances des juges et mis en lumière une gêne au sein même de l’administration. Un cadre de la diplomatie française écrit notamment dans une correspondance interne : « Nous donnons l’impression de vouloir couvrir les violences postélectorales de 2016 ».

L’enquête judiciaire parisienne se concentre sur l’assaut lancé contre le quartier général de l’opposant Jean Ping. Cette opération, appuyée par un hélicoptère et menée par des hommes cagoulés, s’était soldée par des dizaines de morts et de blessés.

Les magistrats cherchent à établir le degré d’implication de plusieurs ressortissants français lors de cette crise. La procédure vise spécifiquement un ancien officier de l’armée de terre française devenu conseiller sécuritaire pour le régime gabonais, ainsi que trois Français membres de la sécurité présidentielle. Le nom de Frédéric Bongo, ancien directeur général du renseignement et détenteur de la double nationalité, apparaît également dans le dossier.

D’après Maël Jouan, l’auteur de l’enquête, le filtrage des documents a été décidé par la hiérarchie diplomatique. Christophe Bigot, directeur Afrique du ministère, et Nicolas Roche, alors directeur de cabinet du ministre Jean-Yves Le Drian, sont identifiés comme les décideurs ayant bloqué la transmission exhaustive des archives. Les éléments recueillis indiquent que cette restriction documentaire avait pour objectif de préserver des intérêts politiques et de protéger les ressortissants français visés par les plaintes.

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