Élevage au Sénégal : Cheikh Oumar Ba veut moderniser les filières animales face aux défis climatiques

Selon EnQuête+, le nouveau ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikh Oumar Ba, a participé hier à la 14e réunion du Global Agenda for Sustainable Livestock (GASL) à Dakar, où il a présenté sa vision pour le secteur de l’élevage au Sénégal. Chercheur de renom et socio-anthropologue respecté, il a consacré l’essentiel de sa carrière à l’analyse des dynamiques agricoles, foncières et sociales, ce qui éclaire sa volonté de transformer le secteur.

Un secteur stratégique mais confronté à de nombreux défis

Lors de son discours, le ministre a rappelé que l’élevage contribue à hauteur de 35 % du PIB du secteur primaire et de 4,8 % du PIB national. Il constitue la principale activité économique de 38,7 % des ménages ruraux. Au-delà de son poids économique, le bétail représente un actif d’épargne, un capital social et un pilier identitaire des sociétés rurales, a-t-il souligné.

Cheikh Oumar Ba a également identifié les défis majeurs auxquels le secteur est confronté : changement climatique, dégradation des ressources naturelles, pressions foncières, évolution des marchés, émergence de maladies animales et exigences croissantes en matière de qualité et de traçabilité. « Face à ces défis, nous devons agir collectivement afin de construire des systèmes d’élevage plus productifs, plus inclusifs, plus résilients et plus respectueux de l’environnement », a-t-il déclaré.

Modernisation des filières et valorisation des savoirs locaux

Le ministre a indiqué que le Sénégal poursuit la modernisation de ses filières animales à travers des investissements dans la santé animale, l’amélioration génétique, l’alimentation du bétail et la valorisation des produits animaux. Il a rappelé que les types d’élevage pastoral extensif transhumant et agropastoral semi-intensif contribuent respectivement à 60 % et 30 % de la production nationale.

La Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Sénégal, Aminata Maiga, a pour sa part insisté sur l’importance de valoriser les savoirs locaux et l’expérience des éleveurs. « Les solutions ne viendront pas uniquement des institutions internationales. Une grande partie des réponses existe déjà dans les savoirs locaux, dans l’expérience des éleveurs, dans les pratiques des communautés pastorales », a-t-elle confié.

Cette rencontre a abouti à l’adoption de la Déclaration de Dakar, qui engage le secteur vers une transformation inclusive et durable, renforçant ainsi la résilience climatique de l’élevage sénégalais. Par ailleurs, en décembre 2025, le Sénégal a réceptionné 1 050 bovins d’élite (Guzera et Girolando) dans le cadre de la vision de souveraineté alimentaire du président et du Premier ministre, illustrant l’ampleur des efforts pour moderniser le cheptel.

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