Déclaration de Dakar : l’élevage sénégalais mis sur la voie de l’inclusion et de la résilience climatique

Les acteurs mondiaux de l’élevage, réunis à Dakar du 8 au 11 juin, ont adopté la Déclaration de Dakar, qui engage le secteur sur la voie d’une transformation inclusive et durable, au bénéfice des femmes, des jeunes et de la planète, rapporte Apanews.

La 14e réunion du Programme mondial pour un élevage durable (GASL) a réuni ministres, chercheurs, organisations internationales et représentants du secteur privé autour d’un mot d’ordre commun : faire de l’élevage un levier d’inclusion sociale, d’emploi des jeunes et de résilience climatique.

Dans son discours d’ouverture, le ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikh Omar Ba, a rappelé le poids du secteur dans l’économie nationale. Selon lui, l’élevage représente 35 % du PIB du secteur primaire et constitue la principale activité économique de 38,7 % des ménages ruraux. « Le bétail représente un actif d’épargne, un capital social, un instrument de gestion du risque et un pilier identitaire des sociétés rurales », a-t-il déclaré.

Le ministre a reconnu que le secteur est confronté à des défis majeurs : changement climatique, dégradation des ressources naturelles, pressions foncières et émergence de maladies animales. « Nous devons agir collectivement afin de construire des systèmes d’élevage plus productifs, plus inclusifs, plus résilients et plus respectueux de l’environnement », a-t-il lancé.

Ces défis incluent aussi la criminalité organisée : le vol de bétail, particulièrement enraciné dans l’espace du Liptako-Gourma (Mali, Niger, Burkina Faso), alimente une économie parallèle estimée à 467 millions de dollars. Face à cette menace, quinze pays d’Afrique de l’Ouest se sont réunis à Dakar le 9 février 2026 sous l’égide de la FAO pour définir une stratégie de riposte commune. La sécurité des troupeaux est donc un enjeu central de la transformation durable du secteur.

La coordinatrice résidente du Système des Nations Unies au Sénégal, Aminata Maiga, a insisté sur l’approche « One Health », qui reconnaît les liens étroits entre la santé humaine, la santé animale et celle des écosystèmes. « Dans un monde confronté à des risques sanitaires croissants et aux effets du changement climatique, cette approche n’est plus une option ; elle est une nécessité », a-t-elle affirmé.

Le président du GASL, Hsin Huang, a souligné le potentiel du secteur : « L’élevage représente une formidable opportunité de contribuer à la résolution des grands défis mondiaux actuels », citant la sécurité alimentaire, la création d’emplois et les réponses au changement climatique.

Le commissaire de l’Union africaine chargé de l’agriculture, Moses Vilakati, a recadré le débat sur les émissions de gaz à effet de serre, rappelant que l’Afrique ne représente que 4 % des émissions mondiales de carbone. Il a appelé l’Afrique à résister aux politiques prônant des réductions drastiques de la production animale, estimant qu’une approche uniforme « n’est ni équitable ni réalisable ».

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