Réuni le 5 mai à Genève lors d’un atelier mondial consacré aux nouvelles technologies appliquées à la surveillance et au partage des données hydrologiques, le Sénégal a défendu un renforcement de la coopération sur les eaux transfrontalières. Au cœur du message porté par le directeur de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau, Dr Bakary Faty : l’usage de données fiables pour prévenir les tensions liées à la ressource.
D’après Sud Quotidien, Dr Bakary Faty s’est exprimé à la fois comme directeur de la DGPRE et comme co-président du Groupe de travail sur la surveillance et l’évaluation. Il a présenté cette rencontre internationale comme une étape importante pour repenser les mécanismes de gestion concertée de l’eau, dans un contexte marqué par le changement climatique, la pression démographique et la hausse des besoins en ressources hydriques.
Lors de son intervention, il a insisté sur la place centrale des données dans la gouvernance de l’eau. « Sans données fiables, accessibles et partagées, il ne peut y avoir ni bonne gouvernance de l’eau, ni coopération efficace entre États riverains », a-t-il affirmé. Il a aussi relevé que plusieurs pays restent confrontés à des insuffisances dans la collecte de données, l’interopérabilité des systèmes et les capacités techniques, des limites qui freinent la mise en œuvre de l’indicateur 6.5.2 des Objectifs de développement durable relatif à la coopération sur les eaux transfrontalières.
Dr Bakary Faty a cité plusieurs outils technologiques susceptibles de transformer le secteur, parmi lesquels la télémétrie, les stations hydrométriques automatiques, l’imagerie satellitaire, l’intelligence artificielle pour la prévision des crues et des sécheresses, ainsi que les plateformes de partage de données en temps réel. Il a toutefois précisé que ces solutions doivent reposer sur la confiance entre États, des cadres institutionnels solides et une volonté politique affirmée.
Au plan national, le Sénégal a engagé, à travers la DGPRE, un processus de modernisation de son système d’observation hydrologique. Celui-ci passe par l’installation de stations automatiques, le renforcement des systèmes d’alerte précoce et le développement de solutions destinées à améliorer la qualité et la disponibilité des données. Le responsable sénégalais a également plaidé pour une coopération renforcée entre États, institutions scientifiques et acteurs technologiques à l’échelle des bassins partagés.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le Groupe de travail sur la surveillance et l’évaluation mis en place dans le cadre de la Convention sur l’eau est co-présidé par le Sénégal et la Finlande. Dr Bakary Faty a enfin appelé les participants à faire de l’atelier un levier d’actions concrètes et d’innovations utiles face aux défis liés à l’eau.