Pour ne pas faire d’Abu Dhabi « une rencontre de plus », les leviers financiers structurels invoqués par le Président Faye face à la crise de l’eau

Le Centre international de conférences de Diamniadio a accueilli ce lundi une étape décisive dans la diplomatie environnementale sénégalaise. En ouvrant la rencontre préparatoire de haut niveau pour la Conférence des Nations Unies sur l’eau, prévue en décembre 2026 à Abu Dhabi, le Président Bassirou Diomaye Faye a posé un diagnostic sans concession sur l’état des ressources hydriques mondiales. Au-delà du constat, le Chef de l’État a profité de cette tribune pour orienter la communauté internationale vers des solutions économiques structurelles, soulignant l’urgence d’agir avant que les échéances de développement durable ne deviennent inatteignables.

Le constat dressé par le Président de la République est alarmant. S’appuyant sur les données des Nations Unies, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que 2,2 milliards de personnes manquent encore d’accès à une eau potable sûre, tandis que 3,5 milliards sont privées de services d’assainissement adéquats. Une situation qualifiée de « moralement inacceptable » par le Chef de l’État, qui note que près de quatre milliards d’individus subissent une pénurie sévère au moins un mois par an. Cette précarité hydrique, loin d’être un simple enjeu sanitaire, constitue désormais une menace directe pour la stabilité mondiale, alimentant les crises alimentaires et exacerbant les tensions géopolitiques.

L’inquiétude présidentielle porte spécifiquement sur l’Objectif de développement durable numéro 6 (ODD 6), consacré à l’accès universel à l’eau et à l’assainissement. À moins de cinq ans de l’échéance de 2030, la réussite de ce pari semble de plus en plus incertaine sans une accélération majeure des efforts multilatéraux. C’est dans cette optique que le Sénégal, hôte de cette réunion préparatoire, entend peser sur l’agenda de la future conférence aux Émirats arabes unis.

Selon les informations relayées par Sud Quotidien, le Président Faye a insisté pour que le rendez-vous d’Abu Dhabi marque une rupture nette avec les sommets précédents. « La conférence de 2026 ne devra pas être une rencontre de plus, mais un moment de bascule », a-t-il martelé. Pour le Sénégal, cette « bascule » doit se traduire par des engagements mesurables, suivis d’effets concrets, et non par de simples déclarations d’intention. L’objectif est d’obtenir une coordination accrue des initiatives internationales pour éviter la dispersion des ressources.

Le point central du plaidoyer sénégalais réside dans la question du financement. Bassirou Diomaye Faye a appelé à une réflexion profonde sur les mécanismes d’investissement dans les infrastructures hydrauliques. Si ces investissements sont jugés capitaux pour la croissance inclusive et la stabilité sociale, leur soutenabilité pose problème pour de nombreux États. Le Président a ainsi mis en avant la nécessité d’accéder à des financements concessionnels et de prendre en compte le poids de la dette, afin de permettre aux pays les plus touchés, notamment en Afrique, de financer ces infrastructures vitales.

L’Afrique demeure en première ligne de cette crise, avec 40% de sa population privée d’eau potable. Face à ce défi, exacerbé par le changement climatique qui perturbe les cycles de l’eau, le Chef de l’État a plaidé pour des solutions inclusives. Il a souligné que toute transformation durable nécessite l’implication des populations locales et la valorisation des savoirs endogènes. Les travaux de Diamniadio, qui réunissent experts, partenaires financiers et dirigeants, doivent aboutir à une feuille de route claire pour aborder les thématiques cruciales telles que « l’eau pour la prospérité » et « l’eau pour la coopération » lors de la grande échéance de 2026.

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