En invitant Napoléon dans le débat politique pour prédire un « Waterloo » à Ousmane Sonko, Abdourahmane Diouf et la meute des Cassandres du même acabit s’égarent dans leurs propres fantasmes. Quand Ousmane Sonko a été écarté de la Primature, ils s’étaient déjà empressés de prophétiser sa mort politique.
Si ces oiseaux de mauvais augure cherchaient une analogie rigoureuse avec la trajectoire de Sonko, c’est vers le 26 février 1815, date à laquelle Napoléon brise son exil à l’île d’Elbe pour entamer son « Vol de l’Aigle », qu’ils devaient regarder. À l’image de cette marche triomphale où le peuple est venu balayer les certitudes d’un pouvoir affaibli, Sonko possède cette capacité phénoménale à déjouer l’isolement institutionnel pour transformer chaque piège de ses adversaires en reconquête populaire. Babacar Justin Ndiaye ne s’y était pas trompé en lâchant cette formule immortelle : « S’il est attaqué, il tient le haut du pavé ; s’il attaque, il tient le haut du pavé. »
Quelle ironie de voir Abdourahmane Diouf théoriser la chute d’un mastodonte politique alors que sa propre existence politique tient à la fragilité d’un bout de papier : la signature d’un décret. De là découle sa posture de dévotion et de servilité envers Bassirou Diomaye Faye. C’est la démarche des esprits paresseux : s’agenouiller devant la signature du Palais pour s’assurer un maroquin, faute d’avoir la moindre légitimité sur le terrain.
Sonko, lui, joue dans une autre catégorie. Sa légitimité n’a pas été octroyée dans le confort des dorures ministérielles. Elle s’est forgée sous les gaz lacrymogènes, face aux procès fabriqués et dans la brutalité de la persécution d’État. Sonko est un leader adoubé et porté par le peuple.
Les ministres nommés par décret et les Cassandres de passage finiront par disparaître, mais la légitimité populaire reste inexpugnable.
Abdourahmane Diouf, qui se pique pourtant de culture historique, devrait se rappeler qu’on n’éteint pas un soleil d’Austerlitz avec la bave de quelques serviteurs de l’ombre.
Serigne Assane KANE
PASTET-Les Patriotes
