Droits impayés depuis 2016 : Les 91 travailleurs de Saipem-GPS saisissent l’État

Le Collectif des 91 travailleurs sénégalais licenciés par Saipem SA et Global Petroprojects Services (GPS) interpelle les autorités sur un contentieux social qui, selon eux, perdure depuis 2016. « Pas d’investissement sans justice sociale », le message des 91 travailleurs, qui saisissent l’Etat.

Dans un mémorandum adressé aux autorités et à l’opinion publique, les travailleurs réclament l’examen de leur dossier et le règlement des droits et indemnités qu’ils estiment leur être dus.

Le collectif précise que sa démarche « n’est pas un combat contre l’investissement étranger ni contre le développement du secteur pétrolier et gazier du Sénégal », mais une revendication portant sur « la dignité du travailleur sénégalais et le respect de ses droits ».

Les travailleurs réagissent notamment au récent protocole d’accord signé entre l’État du Sénégal et Eni pour l’évaluation du potentiel pétrolier et gazier de cinq blocs offshore.

Ils soulèvent des interrogations sur les liens entre les différentes sociétés impliquées dans leur ancien dossier et les nouveaux partenariats dans le secteur.

« L’État du Sénégal connaît-il toute l’histoire sociale liée aux sociétés et aux groupes concernés par notre dossier ? », interrogent-ils.

Le collectif demande ainsi aux autorités de vérifier les documents disponibles et de déterminer les responsabilités respectives des différentes entités concernées.

« Nous ne demandons pas à l’État de condamner qui que ce soit. Nous lui demandons simplement de regarder notre dossier. »

« 91 travailleurs, 91 familles »

Au-delà du contentieux professionnel, les plaignants mettent en avant les conséquences sociales de cette situation sur leurs familles.

« Derrière ces 91 noms, il y a des familles. Il y a des enfants qui ont grandi avec les conséquences de cette situation. »

Ils interpellent directement le président de la République, le gouvernement, l’Assemblée nationale, les députés, les ministères concernés, les syndicats, la société civile et les médias afin que leur dossier soit réexaminé.

Le collectif insiste sur le fait qu’il ne réclame pas la remise en cause des investissements étrangers.

« Nous ne demandons pas l’arrêt des investissements. Nous demandons que l’investissement et la justice sociale puissent avancer ensemble. »

Après plusieurs années d’attente, les 91 travailleurs demandent que « les pièces soient examinées, les responsabilités établies et les droits respectés ».

Ils concluent leur mémorandum par un appel aux autorités à rouvrir leur dossier et à faire toute la lumière sur cette affaire :

« Nous sommes 91 travailleurs. Nous sommes 91 familles. Nous sommes des Sénégalais. Nous demandons simplement justice et respect. »

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