Le lundi 27 juillet, DP World a annoncé l’achèvement des principaux travaux de dragage du futur port en eau profonde de Ndayane, une opération bouclée avec 13 mois d’avance sur le calendrier initial.
Cette avance permet d’ores et déjà d’envisager une accélération de la construction des quais et autres ouvrages maritimes stratégiques. Le groupe émirati, concessionnaire du projet, cible toujours une mise en service en 2028. Selon le communiqué relayé par Agenceecofin, le dragage a consisté à creuser un chenal de navigation de 5 km, un bassin d’évitage et une zone d’accostage capables d’accueillir les plus grands porte-conteneurs du monde.
L’opération a mobilisé deux des plus grandes dragues aspiratrices au monde, illustrant l’ampleur technique du chantier. Ce nouvel élan pour le port de Ndayane survient alors que les échanges entre les plus hautes autorités sénégalaises et les acteurs mondiaux du transport maritime se sont multipliés ces derniers mois. En mai, à Nairobi, le président Bassirou Diomaye Faye avait évoqué avec Rodolphe Saadé, PDG de CMA CGM, les opportunités stratégiques liées à cette plateforme. Mi-juillet, à l’ouverture d’un forum international sur l’économie bleue, le chef de l’État a réaffirmé sa vision de faire du Sénégal un hub logistique de référence en Afrique.
Le port de Ndayane est destiné à soulager celui de Dakar, aujourd’hui à l’étroit en zone fluvio-maritime. Ce dernier ne peut accueillir les navires de nouvelle génération et manque de réserves foncières pour s’étendre. Son trafic global est pourtant passé de 5 millions de tonnes en 1994 à 22,4 millions de tonnes en 2022, avec une envolée du segment conteneurisé de 265 000 EVP en 2008 à 800 000 EVP en 2023.
La première phase de construction du port de Ndayane doit apporter une capacité additionnelle initiale de 1,2 million d’EVP par an, renforçant la position sénégalaise face à la concurrence des autres grands ports ouest-africains.
