Le projet de création d’un parti politique par le président Bassirou Diomaye Faye est motivé par un impératif de gouvernabilité, selon l’analyse du politologue Maurice Soudieck Dione. Pour cet enseignant-chercheur, la démarche dépasse la simple sécurisation politique : elle vise à doter le chef de l’État d’un instrument pleinement aligné sur son programme.
Depuis le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature en mai 2026, la coalition au pouvoir a éclaté. Le 6 juillet, la création d’un parti dédié au président a été officiellement annoncée, et son élaboration a été confiée à sa conseillère Aminata Touré. Le 4 juillet, le président a officialisé la création de son futur parti au Palais de la République, en présence de plus de 100 maires, selon la Rts.
Selon Maurice Soudieck Dione, cette initiative répond à une fissure entre la majorité présidentielle et la majorité parlementaire. Le chef de l’État, explique-t-il, ne dispose pas d’un appareil politique suffisamment aligné pour mettre en œuvre le programme sur lequel il a été élu. « Le président cherche une majorité pour gouverner, mais aussi un parti pour porter ses ambitions futures », analyse le chercheur, en pointant la mainmise d’Ousmane Sonko sur le Pastef.
Le politologue convoque l’histoire politique sénégalaise pour étayer son raisonnement. Il rappelle qu’Abdou Diouf n’avait quitté la tête du Parti socialiste qu’en 1996, une décision qui a ouvert une guerre de succession contribuant à l’alternance de 2000. À l’inverse, note-t-il, la Constitution adoptée sous Abdoulaye Wade permet au président de rester chef de parti, soulignant l’importance d’un outil partisan pour briguer un second mandat.
Concernant la stratégie de structurer le futur parti autour des maires et des élus locaux, Maurice Soudieck Dione la juge « pertinente ». Ces responsables disposent d’un ancrage territorial fort et connaissent les réalités locales. « Ils ont déjà un électorat, ils sont confrontés aux problèmes quotidiens des populations », souligne-t-il. Toutefois, prévient l’universitaire, le verdict final appartiendra aux urnes. Plus de 100 édiles étaient présents lors de l’annonce présidentielle le 4 juillet, témoignant de l’adhésion d’une partie des élus locaux à cette démarche.

Il faut revoir ton analyse et le mettre à jour