Aux États-Unis, ce mardi, le président Bassirou Diomaye Faye a placé la dette et le financement des pays africains au centre de son intervention lors d’une réunion de haut niveau consacrée à la mise en œuvre du pacte pour l’avenir en Afrique.
Il a décrit des États confrontés à une baisse de leurs marges budgétaires et contraints d’emprunter sur les marchés internationaux à des conditions défavorables. Selon lui, le poids du service de la dette absorbe une part importante des ressources qui pourraient financer l’éducation, la santé et les infrastructures.
Le Sénégal est directement confronté à cet arbitrage. Le 1er septembre 2026, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a présenté les mesures accompagnant l’accord technique conclu avec le FMI. Le financement annoncé s’élève à 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 243 milliards de francs CFA, tandis que le gouvernement entend réduire le coût du service de la dette et améliorer le profil des emprunts publics. Le plan prévoit également 300 milliards de francs CFA pour les entreprises.
Ces orientations suscitent toutefois une contestation sur la répartition de l’effort. Cent quatre-vingt-onze personnalités ont dénoncé les risques de l’accord pour les populations, en redoutant que le coût de la restructuration de la dette ne soit reporté sur les ménages et les services essentiels. Cette tension illustre concrètement l’enjeu soulevé par le chef de l’État : restaurer des marges financières sans aggraver la pression sociale.
Dans ce contexte, Bassirou Diomaye Faye a appelé l’Afrique et ses partenaires du Sud global à avancer vers une réforme de l’architecture financière mondiale. Seneweb rapporte également sa demande d’une représentation plus équilibrée des pays africains au sein des organisations internationales et de leurs instances de décision.
Le président sénégalais a par ailleurs estimé qu’un système fiscal international plus juste pourrait renforcer la mobilisation des ressources financières. La Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale, actuellement en négociation, constitue selon lui une étape déterminante pour permettre aux États de financer leurs priorités sans dépendre autant d’emprunts coûteux.





