Diomaye Faye face au défi des fonds politiques : tenir la promesse de transparence dans un Sénégal sous tension budgétaire

Les députés sénégalais se préparent à une session extraordinaire le 10 août 2026, à l’initiative du président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko. Au cœur des discussions : l’examen des fonds politiques, ces enveloppes discrétionnaires accordées au chef de l’État et à certains hauts responsables, longtemps restées dans l’ombre.

Hérités des pratiques françaises, ces fonds ont connu une inflation considérable sous les différents régimes. Sous Abdou Diouf, avant l’alternance de 2000, ils plafonnaient à 650 millions de FCFA par an. Sous Abdoulaye Wade, le montant théorique a grimpé à 8 milliards de FCFA annuels, mais les dépenses réelles ont explosé, comme le montre une enquête de xalimasn.com : un rapport des Inspecteurs généraux d’État (IGE) portant sur 2008-2012 révèle que 108 milliards de FCFA ont été consommés, dont 48 milliards tirés directement du Trésor sans aucune régularisation.

L’ère Macky Sall (2012-2024) n’a pas rompu avec l’opacité. Les crédits spéciaux alloués à la présidence ont atteint près de 104 milliards de FCFA entre 2012 et 2017, auxquels s’ajoutaient environ 3 milliards pour les fonds de sécurité du Premier ministre. Les lignes budgétaires, disséminées sous des intitulés comme « transferts courants » ou « dépenses de souveraineté », restaient discrétionnaires et peu contrôlées.

Le débat sur les fonds politiques, la transparence et la gouvernance au Sénégal est aujourd’hui relancé par la promesse électorale du président Bassirou Diomaye Faye. Son programme « Diomaye Président » prévoyait de supprimer ces fonds dits politiques pour les remplacer par des fonds spéciaux soumis à un contrôle parlementaire a posteriori, exercé par une commission mixte associant majorité, opposition et magistrats de la Cour des comptes.

Cette promesse est mise à l’épreuve alors que le pays fait face à des contraintes budgétaires sévères, avec une dette publique réévaluée à un niveau élevé et un service de la dette absorbant une part importante des recettes. « Seule la discipline budgétaire nous permet d’engager avec confiance le redressement », avait déclaré le président Faye.

Dans ce contexte, les initiatives parlementaires se multiplient. Le député Guy Marius Sagna a annoncé le dépôt d’une proposition de loi pour encadrer ces fonds, portée par le groupe PASTEF Les Patriotes. Le Forum du justiciable a salué la recevabilité de textes modifiant l’article 37 de la Constitution et encadrant les crédits spéciaux, tout en demandant leur publication pour permettre un débat citoyen.

La session extraordinaire est fixée au 10 août 2026, selon les informations rapportées par leral.

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Un commentaire

  1. CEST UNE NECESSITE ABSOLUE ET POUR LE RESPECT A NOTRE PAYS ET AUX POPULATION DE GERER EFFICACEMENT ET ENCADRER LES FONDS. ONT NE DOIT PAS PERMETTRE A UNE PERSONNE DE DEPENSER A SA GUISE DES MILLIARDS QUI APPARTIENNENT AUX SENEGALAIS. CEST TOUT SIMPLEMENT INJUSTE ET NOUS NE DEVONS PAS L’ACCEPTER. LES SENEGALAIS DOIVENT SAVOIR DANS UNE TRANSPARENCE TOTALE COMMENT LEUR ARGENT EST UTILISE.

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