Dette publique : Alioune Diouf affirme un « alignement total » avec les données du FMI

M. Alioune Diouf, Directeur de la Dette publique à la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor (DGCPT), dans une interview accordée à l’Agence Reuters, le 21 avril 2026 à New York, est revenu sur la stratégie de financement et le cadre de transparence de gestion de la dette de l’État du Sénégal.

Le Sénégal assure avoir rétabli la transparence de sa dette publique et être désormais aligné sur les données du Fonds monétaire international (FMI), malgré des écarts encore visibles dans les chiffres et des interrogations sur certaines opérations financières.

« Nous sommes alignés sur toutes les données… il n’y a aucune différence », a déclaré Alioune Diouf, directeur de la dette publique, en marge d’un événement économique à New York, affirmant que les audits couvrant la période 2019–2024 ont permis une réconciliation complète des chiffres entre Dakar et le FMI.

Il soutient également que le pays a renforcé ses mécanismes de transparence, notamment à travers des rapports budgétaires trimestriels et un bulletin statistique de la dette. « Aujourd’hui, il y a une transparence totale », a-t-il insisté.

Cependant, les indicateurs récents publiés par les autorités sénégalaises, notamment le ratio dette/PIB et le déficit, ne correspondent pas entièrement aux projections du FMI, qui poursuit ses travaux d’évaluation sur la trajectoire de la dette.

Sur les accusations de passifs non déclarés, le responsable sénégalais rejette toute idée de dissimulation. « Ce ne sont pas des arriérés… ce sont des dettes qui n’avaient pas été intégrées », a-t-il expliqué, évoquant des prêts bancaires convertis en titres publics lors d’un audit.

Concernant les mécanismes financiers récents, notamment des opérations liées à des produits dérivés, Alioune Diouf assure qu’elles ont été réalisées sur le marché domestique et intégrées aux émissions globales. « Ce sont des opérations réalisées via des adjudications… elles ne sont visibles qu’à travers les montants globaux levés », a-t-il précisé.

Le responsable a également défendu l’utilisation de structures de type swap, estimant que les risques sont maîtrisés. « L’évolution des rendements ne peut pas… entraîner un appel de marge… le risque est quasi inexistant », a-t-il affirmé.

Sur le plan des engagements extérieurs, Dakar assure n’avoir aucun défaut de paiement hors délais de grâce. « Nous travaillons à payer à temps », a indiqué Diouf, alors que Reuters a récemment fait état de retards vis-à-vis de certains créanciers du Club de Paris, toujours dans les marges habituelles de tolérance.

En dernière instance, les discussions avec le FMI se poursuivent, sans accord final à ce stade. « Nous travaillons à finaliser le programme », a conclu le responsable sénégalais, alors que le pays, privé d’accès complet aux marchés internationaux, continue de s’appuyer davantage sur les financements régionaux et des instruments domestiques innovants.

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2 commentaires

  1. Hum… Il faut vraiment être fort pour dire une chose et son contraire simultanément, tout en essayant de nous faire croire que le discours est cohérent.

    D’un côté, vous admettez que les indicateurs récents publiés par les autorités sénégalaises, c’est-à-dire vous-mêmes (notamment le ratio dette/PIB et le déficit), ne correspondent pas tout à fait aux projections du FMI.

    De l’autre, vous affirmez que la dette du Sénégal est désormais pleinement transparente et alignée sur les chiffres de ce même FMI.

    Je me gratte la tête pour essayer de comprendre, mais j’avoue que face à l’absurdité de cette contradiction, le bout du tunnel est encore bien loin pour mon « petit » cerveau, qui s’y connaît pourtant un peu en finance.

    Bonne chance, car convaincre une majorité illettrée s’annonce très compliqué !

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