Dette africaine : Ndongo Samba Sylla critique les orientations du FMI

L’économiste Ndongo Samba Sylla, panéliste lors de la conférence internationale sur la dette sénégalaise, est revenu sur l’origine de la dette africaine, tout en pointant du doigt le FMI, dont les injonctions et directives ne seraient pas favorables aux économies de ces pays. Il appelle à un contrôle plus étroit des ressources naturelles.

Il critique le rôle du Fonds monétaire international (FMI), qu’il considère non comme une solution mais comme « une partie du problème ». Selon lui, l’institution agit avant tout comme un acteur politique au service des intérêts des grandes puissances occidentales, notamment les États-Unis et la France.

Ndongo Samba Sylla estime que les restructurations menées sous l’égide du FMI échouent généralement parce que l’institution est à la fois créancier et arbitre.

S’appuyant sur les exemples du Ghana et de la Zambie, l’économiste affirme que l’une des causes profondes de l’endettement africain réside dans la perte de contrôle sur les ressources naturelles. Il note que les profits rapatriés par les multinationales dépassent parfois les montants consacrés au service de la dette extérieure.

Dans le cas du Ghana, explique-t-il, 18 milliards de dollars de profits et dividendes ont été rapatriés entre 2000 et 2020, contre 16 milliards payés au titre du service de la dette.

Il cite également la Zambie, qui a fait défaut en 2020 sur un eurobond de 40 millions de dollars, alors même que des milliards de recettes issues des exportations de cuivre échappaient au pays.

Selon lui, les pays africains disposent souvent des ressources nécessaires, mais ne contrôlent pas les devises générées par leurs exportations, captées par les multinationales à travers les rapatriements de profits et les flux financiers illicites.

À l’inverse, il met en avant les exemples du Botswana et de la Libye, qui ont longtemps évité les prêts du FMI grâce à un contrôle plus étroit de leurs ressources naturelles. Il salue aussi les récentes réformes engagées au Ghana dans le secteur de l’or, qui auraient permis d’augmenter fortement les réserves de change, de renforcer la monnaie nationale et de réduire l’inflation.

Pour l’économiste sénégalais, toute stratégie de sortie de crise passe donc par une reprise du contrôle des ressources naturelles et une remise en cause des politiques d’austérité imposées aux pays à monnaie faible.

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