Destitution de Karim Khan : 82 États votent contre le procureur de la CPI, qui rejette les accusations d’agression sexuelle

Innocenté par un panel de juges en mars, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan a pourtant été définitivement révoqué de ses fonctions vendredi 24 juillet, à l’issue d’un vote massif de l’Assemblée des États parties.

Lors d’une réunion exceptionnelle à huis clos au siège de l’ONU à New York, 82 pays ont voté pour la destitution du magistrat britannique, alors que 63 voix suffisaient, selon des informations rapportées par Rfi et Sud Quotidien. Seulement 13 États se sont prononcés pour son maintien, et 15 se sont abstenus.

Karim Khan, en poste depuis 2021, faisait face à des accusations d’agression sexuelle émanant d’une avocate malaisienne qui travaillait au sein de son bureau. Les faits présumés remonteraient à octobre 2024. « Il est impossible qu’il y ait consentement quand il existe un tel déséquilibre de pouvoir », avait déclaré la plaignante sur CNN, en évoquant l’autorité hiérarchique de Khan. Ce dernier nie les faits et s’était mis en retrait de ses fonctions en juin 2025, après l’ouverture d’une enquête interne.

Cette révocation intervient en dépit d’un rapport unanime rendu par un panel de trois juges en mars 2026, qui avait écarté toute faute en s’appuyant sur les données du Bureau des services de contrôle interne de l’ONU. Les avocats de Karim Khan estiment que son éviction est motivée par les mandats d’arrêt qu’il a délivrés contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, en lien avec la guerre à Gaza. Une lecture relayée par l’ambassadeur israélien Danny Danon, qui a salué sur X une décision mettant fin à « la chasse aux sorcières politique » du procureur.

La CPI, dont le travail a été terni par ces accusations selon certains de ses membres, se retrouve désormais face à une crise de légitimité. Les sanctions imposées par les États-Unis à Karim Khan après les poursuites contre les dirigeants israéliens ajoutent une dimension politique à ce dossier.

L’accusatrice, avocate originaire de Malaisie, s’était exprimée publiquement pour la première fois dans un entretien à CNN. Les avocats de Karim Khan, cités par Rfi, maintiennent que les rapports d’enquête ne permettent pas de confirmer les accusations.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire