Dépigmentation : le Dr Ibrahima Ndiaye alerte sur les risques de diabète et d’hypertension

Le 14 juin 2026, le dermatologue Ibrahima Ndiaye a tiré la sonnette d’alarme sur les dangers de la dépigmentation artificielle, qu’il qualifie désormais de problème majeur de santé publique au Sénégal. Lors du Salon international de la beauté, du cosmétique et de l’hygiène, il a détaillé les risques encourus par les utilisateurs, allant d’infections cutanées à des maladies systémiques graves.

D’après l’APS, les corticoïdes et l’hydroquinone sont les deux substances les plus courantes pour éclaircir la peau, détournées de leur usage médical mais toujours faciles à trouver. « En faisant la dépigmentation, on détruit le microbiome de la peau, cette flore protectrice qui nous défend contre les infections », a expliqué le Dr Ndiaye. Cette destruction favorise des mycoses récidivantes, la gale et des infections bactériennes sévères comme l’érysipèle. Il a également listé des effets secondaires dermatologiques : acné cortisonique, pilosité excessive, vergetures, atrophie cutanée et allergies de contact. Pour l’hydroquinone, il a mis en garde contre la phototoxicité et le risque de pigmentation foncée irréversible appelée pseudo-ochronose exogène.

Le spécialiste a aussi alerté sur les conséquences systémiques : l’application quotidienne de corticoïdes sur de grandes zones corporelles pendant des années peut entraîner leur passage dans le sang, provoquant hypertension artérielle, diabète, syndrome de Cushing, atteintes rénales et troubles neurologiques. Il a souligné les risques pour les femmes enceintes, notamment un faible poids de naissance du nouveau-né.

Le Dr Ndiaye s’est inquiété de nouvelles méthodes non médicales : injections, perfusions de glutathion, traitements au laser. « La dermatocosmétologie nous échappe de plus en plus. Beaucoup de pratiques sont réalisées par des non-dermatologues », a-t-il regretté. En décembre 2025, des spécialistes avaient déjà alerté sur les « chantilly » cosmétiques maison promues sur TikTok, fabriquées sans contrôle et sources d’irritations et infections. Interrogé par pressafrik, le Dr Ndiaye a précisé que ces nouvelles méthodes aggravent les risques connus.

Le dermatologue a fait la distinction entre la dépigmentation artificielle et des pathologies comme l’albinisme oculocutané (maladie génétique) ou le vitiligo (affection acquise pouvant révéler d’autres maladies auto-immunes).

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