À l’issue d’un Conseil des ministres tenu lundi à Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dressé le bilan de la stratégie d’ouverture de son pays vers le continent africain. Une politique vieille de deux décennies qui se traduit aujourd’hui par des avancées économiques majeures, particulièrement en Éthiopie.
S’exprimant depuis le complexe présidentiel, le chef de l’État a d’abord mis en avant la position géographique de la Turquie, située au point de convergence de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique. Cette situation stratégique sert de socle à un partenariat grandissant avec les nations africaines, transformant une initiative diplomatique lancée il y a 20 ans en une véritable coopération multisectorielle.
L’illustration la plus récente de cette dynamique est son déplacement à Addis-Abeba le 17 février dernier, en réponse à l’invitation du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Lors de cette première visite en Éthiopie depuis onze ans, les deux dirigeants ont évalué leurs relations bilatérales dans des domaines tels que l’énergie, les mines, le commerce, les investissements et les communications. Selon l’agence Anadolu, Recep Tayyip Erdogan a précisé à cette occasion que la Turquie s’est hissée au rang de deuxième plus grand investisseur étranger dans le pays. Actuellement, plus de 200 entreprises turques y sont actives, cumulant des investissements qui dépassent les 2,5 milliards de dollars et contribuant à la création de près de 20 000 emplois locaux.
Après avoir salué l’accueil du peuple et du gouvernement éthiopiens, l’agenda présidentiel s’est recentré sur les affaires intérieures. Dès son retour, le président turc a réuni les gouverneurs des 81 provinces du pays. Par ailleurs, à l’occasion du début du mois de Ramadan le 19 février, il a tenu à partager le premier iftar avec les familles de martyrs nationaux. « Les proches de nos martyrs sont les dépositaires des héros qui ont sacrifié leur vie pour l’appel à la prière, le drapeau, la patrie et la nation », a-t-il déclaré, affirmant que l’État veillera avec la plus grande sensibilité à protéger cet héritage.