Des haut-parleurs diffusent les khassaïdes, poèmes religieux de Cheikh Ahmadou Bamba, tandis que des centaines d’adolescents patientent sous la chaleur, dimanche, devant les mausolées de Touba. Venus de Ngoudia, Bambey, Mboro ou des quartiers périphériques, ils accomplissent le « ziar », cette visite de recueillement héritée de leurs parents.
Pour cette 132e édition du Grand Magal, la cité religieuse a accueilli plus de six millions de visiteurs, selon les estimations des organisateurs. Une affluence record qui confirme une progression moyenne de 5 % par an depuis 2011.
Devant la porte nord de la grande mosquée, Demba Faye, 16 ans, sort du mausolée de Serigne Touba. « Peu importe la difficulté, la chaleur ou l’attente, je reviendrai toujours. Serigne Touba le mérite », jure le jeune talibé originaire de Ngoudia, rapporte l’APS.
Un peu plus loin, Serigne Fallou, 15 ans, a patienté près de deux heures pour se recueillir devant le tombeau de Serigne Fallou Mbacké. « Dieu exauce toute prière sincère adressée auprès de son mausolée », confie-t-il. Ndiolé Sarr, environ 13 ans, venue de Bambey avec ses sœurs, peine à cacher sa joie. « Après mon pèlerinage, je ressens une immense joie », dit-elle.
Issa Ndiaye, 14 ans, a bouclé la visite de tous les mausolées en trois heures, tenant la main de son petit frère. « La fatigue n’est rien comparée à ce que Serigne Touba a enduré », affirme-t-il. Madiop Lèye, venu de Mboro, ajoute : « Qu’il pleuve ou qu’il fasse très chaud, je viendrai toujours. Serigne Touba le mérite. »
Le Grand Magal, institué en 1921 par Cheikh Ahmadou Bamba, commémore son départ en exil au Gabon en 1895. Au-delà du ziar, l’événement est rythmé par les récitals de Coran, les séances de khassaïdes et le partage du « Berndé », repas collectif offert en signe d’hospitalité.
« Aujourd’hui, c’est à nous de continuer cette tradition et de transmettre cet amour aux générations futures », ajoute Demba Faye, illustrant la ferveur d’une jeunesse qui fait vivre l’héritage mouride.
