Le 11 juin 2026, le coup d’envoi de la Coupe du monde aux États-Unis, au Canada et au Mexique marquera un tournant pour le football africain. Pour la première fois, dix nations du continent seront alignées au départ. Un record qui doit autant aux performances sur le terrain qu’à une longue bataille diplomatique.
En 1934, l’Égypte est la première nation africaine à disputer un Mondial. Une participation isolée. Il faut attendre 1970 pour voir le Maroc, puis le Zaïre en 1974 et la Tunisie en 1978. Chaque fois, une seule place pour tout le continent. En 1982, l’Afrique obtient deux billets : l’Algérie et le Cameroun en profitent. En 1994, trois places sont accordées, mais il faut attendre 1998 pour une vraie bascule. Sous l’impulsion d’Issa Hayatou, alors président de la CAF, la Fifa octroie cinq places. Le quintet Cameroun, Nigeria, Maroc, Afrique du Sud et Tunisie participe au Mondial français.
En 2010, l’Afrique du Sud organise le tournoi, offrant une sixième place au continent. Mais la révolution la plus spectaculaire vient du changement de format décidé par la Fifa sous Gianni Infantino. Passant à 48 équipes, la compétition offre neuf places automatiques à l’Afrique. La dixième a été arrachée par la République démocratique du Congo en barrage intercontinental face à la Jamaïque (1-0 après prolongation).
Pour le Sénégal, habitué des qualifications, cette édition est une occasion de viser plus haut. Gerald Asamoah, ancien international allemand d’origine ghanéenne, a estimé dans un entretien que les Lions de la Téranga sont les mieux placés pour créer la surprise. Patrice Motsepe, président de la CAF, a déclaré : « C’est la première fois dans l’histoire de cette compétition que l’Afrique compte dix représentants. Cela témoigne de la croissance significative du football africain. Nous sommes convaincus qu’une nation africaine pourra remporter ce tournoi. »
Jusqu’ici, seuls quatre pays africains ont franchi les quarts : Cameroun (1990), Sénégal (2002), Ghana (2010) et Maroc (2022, demi-finaliste). L’élargissement du Mondial offre des probabilités inédites. Les néophytes comme le Cap-Vert, qualifié pour la première fois, ouvrent une nouvelle ère. L’information est rapportée par RFI Afrique.
