Moqué au départ comme le « parti des réseaux sociaux », le PASTEF d’Ousmane Sonko est devenu la première force politique du continent africain. C’est ce que révèle une analyse de Xibaaru, qui décrypte comment le leader de Pastef a transformé le succès virtuel en une véritable puissance électorale.
Ancien inspecteur des impôts, Ousmane Sonko a proposé une rupture totale avec le système traditionnel. Son discours sur le patriotisme économique et la lutte contre la corruption a immédiatement séduit la jeunesse urbaine connectée. Utilisant Facebook, YouTube et TikTok, il a pu s’adresser directement aux citoyens sans passer par les médias classiques, créant une armée numérique de militants capables de diffuser ses messages en quelques minutes.
Mais la véritable force de Pastef a été de sortir du virtuel pour s’ancrer sur le terrain. Le parti a transformé ses soutiens en ligne en militants de terrain, organisant des tournées dans les villages et des collectes transparentes. Les crises de mars 2021 et juin 2023, avec leurs manifestations et arrestations, ont paradoxalement renforcé la popularité de Sonko, chaque procès le transformant en victime aux yeux de ses partisans.
Même emprisonné et empêché de se présenter à la présidentielle de 2024, Sonko a choisi Bassirou Diomaye Faye comme candidat de substitution, prouvant que son nom seul suffisait à faire gagner un inconnu. Aujourd’hui, les adversaires politiques de Sonko, dépassés, peinent à comprendre sa popularité, tandis que le principal défi de Pastef reste sa capacité à survivre sans son leader charismatique.
Sonko est décrit comme un leader transformationnel qui génère d’autres leaders, inspirant une jeunesse en quête de dignité. Face aux députés, il assume être le gardien de la révolution et réitère l’attente de vérité, droiture et don de soi au service de la patrie. Le professeur Moussa Diaw estime qu’Ousmane Sonko cristallise plusieurs oppositions politiques et fait peur dans l’espace politique sénégalais.

Vous êtes des journalistes ou des influenceurs. Adada