Aux Almadies, une exposition et une conférence consacrées à 50 ans de passion au service des musiques urbaines africaines ont réuni, mardi 5 mai 2026, artistes, chercheurs, professionnels de la culture et passionnés. La rencontre, présentée par l’ancien animateur de la RTS et artiste-musicien Michael Soumah, s’inscrivait dans un parcours qui se poursuit à Dakar jusqu’au 9 mai au Musée des Civilisations Noires.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette initiative est portée par Nago Seck et son épouse Sylvie Clairfeuille, autour d’un travail de recherche et de documentation engagé depuis plusieurs décennies. Conçue dès 1994, l’exposition retrace un siècle d’évolution musicale en Afrique subsaharienne et met en lumière des figures majeures ainsi que les dynamiques de création qui ont marqué le continent.
Installé en France depuis les années 1970, Nago Seck est présenté comme un acteur de référence dans l’histoire des musiques africaines. Co-fondateur du festival Africa Fête en 1979, il a contribué à la mise en avant de plusieurs artistes sur les scènes européennes. À ses côtés, Sylvie Clairfeuille, journaliste et réalisatrice, participe au même travail de valorisation des cultures musicales africaines, notamment à travers une plateforme dédiée aux musiques africaines et à leurs diasporas.
Lors de la conférence, Nago Seck est revenu sur la genèse des musiques urbaines africaines, nées dans les grandes métropoles et villes portuaires du continent. Il a rappelé que ces espaces ont favorisé la rencontre entre traditions locales et influences extérieures comme le jazz, le blues, la soul et les rythmes latino-américains. Il a également évoqué une histoire marquée par l’esclavage, les échanges transatlantiques et les circulations culturelles entre l’Afrique, les Amériques et les Caraïbes.
La rencontre a aussi mis en avant la dimension sociale et politique de ces musiques. Des artistes comme Myriam Makeba, Fela Kuti et Manu Dibango, ainsi que le groupe Touré Kunda, ont été cités pour leur contribution à la diffusion des musiques africaines et à des combats contre le colonialisme, l’apartheid, les injustices sociales et les violations des droits humains. « La musique est une valeur fondamentale de chaque culture », a déclaré Nago Seck au cours de cette soirée.
Les organisateurs ont enfin plaidé pour un soutien accru à l’industrie musicale africaine, en évoquant la formation, la production, la diffusion et la fabrication d’instruments. D’après Sud Quotidien, les initiatives menées avec des institutions internationales, des festivals et des médias visent à faire de la musique un pont entre les cultures, mais aussi un levier de développement économique et social.