Dakar : Ibrahima Sy et Abass Fall misent sur la prévention sanitaire

La Ville de Dakar veut renforcer la prévention des maladies non transmissibles liées à l’alimentation. La Direction de l’Action sociale et de la Santé a réuni, jeudi à Dakar, les conseillers municipaux lors d’un atelier consacré à ces pathologies et à l’étiquetage des denrées alimentaires.

La rencontre était présidée par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Dr Ibrahima Sy, en présence du maire de Dakar, Abass Fall. Elle vise à mieux outiller les élus locaux afin qu’ils intègrent la prévention dans les politiques de santé de la capitale.

La prévention des maladies non transmissibles constitue désormais un axe central de l’action annoncée par les autorités sanitaires. Dr Ibrahima Sy les présente comme un problème majeur de santé publique, notamment dans les grandes villes, où leur progression accompagne la transition sanitaire du Sénégal.

Le ministre a souligné le coût élevé de la prise en charge de ces affections pour les ménages et pour le système de santé. Il appelle à agir sur plusieurs facteurs, dont la qualité de l’air, l’eau consommée et l’alimentation, avec une vigilance particulière pour les enfants et les autres populations vulnérables.

Sur le terrain, les risques liés à l’alimentation dépassent la seule question de l’équilibre nutritionnel. Au Sénégal, 82 % des sachets d’eau analysés se sont révélés impropres à la consommation. Dans les Niayes, 72 % des sols dédiés à la culture du piment contiennent par ailleurs des résidus de pesticides. Les autorités ont aussi démantelé des unités clandestines de fabrication d’eau en sachet à Pikine, Thiaroye et Yeumbeul, illustrant les difficultés de contrôle de certaines filières.

Les aliments vendus dans la rue concentrent également plusieurs facteurs de risque. Un expert de la FAO a alerté sur les risques bactériens et identifié quatre problèmes majeurs : l’utilisation d’une eau de mauvaise qualité, l’exposition aux contaminants, la mobilité des acteurs qui complique les contrôles et l’insuffisance de la collaboration entre autorités. Ces enjeux donnent une portée concrète au projet de renforcement de l’encadrement des denrées alimentaires et de l’étiquetage.

Le ministère prépare parallèlement un plan national de prévention et de promotion de la santé. Celui-ci doit associer plusieurs secteurs de l’administration, les collectivités territoriales et le monde de l’éducation, selon le principe de la « santé dans toutes les politiques ». Cette coordination est d’autant plus nécessaire que le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso ont activé un système de riposte contre les aliments impropres, afin de traquer les alertes en temps réel. À l’échelle africaine, l’OMS estime que les aliments impropres touchent chaque année 91 millions de personnes et provoquent 137 000 décès.

Le futur dispositif doit aussi renforcer le cadre institutionnel de la prévention, conformément aux orientations de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. L’alimentation y occupera une place importante, tandis que le futur Code de la santé doit servir de base à un encadrement législatif et réglementaire plus strict, notamment pour les aliments vendus dans la rue.

Le ministre a annoncé que ce dispositif permettrait d’appliquer plus rigoureusement les pénalités en cas de non-respect des règles. Le plan national devrait également prévoir un budget pour accompagner les collectivités territoriales et renforcer l’enseignement de la prévention dans les écoles. Ces annonces et les échanges de l’atelier ont été rapportés par pressafrik.

Abass Fall souhaite que les conseillers municipaux utilisent ces connaissances pour porter le plaidoyer au Conseil municipal et auprès des populations, alors que la Ville prépare son budget. Il a également cité le centre Khalifa Ababacar Sall, la future infrastructure de chirurgie moderne de l’hôpital Abass Ndao et l’hôpital des Parcelles Assainies parmi les structures devant soutenir la prise en charge des personnes malades.

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