Cyberattaques : « C’est une crise nationale » quand les infrastructures critiques tombent

Le Sénégal entend renforcer sa stratégie de cybersécurité face à la multiplication des cyberattaques et au chantage exercé par certains groupes de hackers. Invité de la RTS, le Colonel Aly Mimé, officier supérieur des armées issu des corps des transmissions et chargé de conduire la stratégie nationale de cybersécurité, a expliqué les enjeux de cette politique tout en insistant sur la nécessité de protéger les infrastructures critiques et les données des citoyens.

Hackers, données, infrastructure, le Sénégal sonne la mobilisation générale. Selon le colonel, Aly Mimé, la cybersécurité repose sur trois principes fondamentaux : la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données.
« La cybersécurité, c’est l’ensemble des moyens techniques, humains et juridiques qui permettent de protéger un système informatique et nos données », explique-t-il.

Le Colonel Aly Mimé estime que la forte digitalisation engagée par le Sénégal rend la protection du cyberespace particulièrement stratégique.

« Le Sénégal a fait le choix du numérique », souligne-t-il, rappelant que les secteurs de la santé, de l’énergie, de l’eau, des télécommunications ou encore de l’aviation dépendent désormais largement des systèmes informatiques.

Pour lui, une attaque paralysant ces infrastructures dépasserait largement le cadre d’un simple incident informatique.

« Si tous ces systèmes, qu’on peut classer comme infrastructures critiques, s’arrêtent, on ne peut pas parler d’incident informatique. C’est une crise nationale », avertit-il.

Protection des données et souveraineté

Autre priorité, la protection des données personnelles. Les informations bancaires, fiscales ou encore les mots de passe constituent, selon l’officier, une véritable mine d’or pour les cybercriminels.
Une mauvaise protection peut exposer les citoyens à « l’escroquerie et même à l’usurpation d’identité ».

Le Colonel Aly Mimé insiste également sur la souveraineté numérique. « Il faut qu’on puisse localiser nos données, où se trouvent nos données, savoir qui a accès à nos données, de qui on dépend », plaide-t-il.

Cette exigence passe notamment par l’hébergement des données de l’État sur le territoire national, conformément aux orientations de la stratégie Sénégal 2050 et aux dispositions prévues par la législation sur la cybersécurité.

La confiance, un enjeu économique

La cybersécurité est aussi présentée comme une condition de développement de l’économie numérique. Pour le Colonel Aly Mimé, le commerce électronique et la finance digitale ne peuvent prospérer sans confiance.

« Investir dans le commerce électronique ou même dans la finance digitale, ça suppose avoir de la confiance », explique-t-il. Il cite notamment les infrastructures à clé publique et la signature numérique comme des outils permettant de consolider cette confiance.

En dernière instance, le responsable de la stratégie nationale de cybersécurité considère désormais le cyberespace comme un véritable nouveau champ de confrontation.
« Le cyberespace est un champ de confrontation à part entière, au même titre que l’air, la mer et la terre », affirme-t-il.

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