Cybastion annonce environ 300 millions de dollars pour la transformation numérique du Sénégal

Le matin du lundi 14 septembre, à Washington, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a enchaîné des rencontres consacrées aux investissements, au financement et à la création d’emplois au Sénégal. Cette étape ouvre son premier grand voyage officiel hors du continent africain, qui le conduira ensuite à Abu Dhabi les 16 et 17 septembre. La séquence répond à un double objectif : diversifier les alliances du Sénégal et attirer des investissements directs étrangers, dont le niveau a fortement chuté. Washington est notamment recherché pour le financement multilatéral et la crédibilité financière, tandis qu’Abu Dhabi doit davantage ouvrir l’accès aux capitaux souverains et aux partenariats économiques. Pour l’expert Babacar Sané Ba, cette diplomatie économique ne peut produire des résultats qu’en reliant la restauration de la confiance financière à la mobilisation de capitaux et à la création d’emplois.

Cette étape intervient après l’accord technique conclu le 1er septembre 2026 avec le Fonds monétaire international, qui ouvre la voie à un programme économique et financier de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. Dans ce contexte, les démarches engagées à Washington doivent à la fois rassurer les bailleurs et convaincre les entreprises américaines que le Sénégal peut redevenir une destination d’investissement.

À 11 heures, le chef de l’État a reçu Cybastion, une entreprise américaine active dans la cybersécurité et les solutions numériques. La société a annoncé la mobilisation d’environ 300 millions de dollars pour des projets liés à la cybersécurité, à la lutte contre la cybercriminalité, aux centres de données et au transfert de technologies. Plusieurs start-up sénégalaises doivent participer à ces initiatives. L’engagement de Cybastion au Sénégal doit aussi contribuer au renforcement des compétences nationales et à la création d’emplois qualifiés.

Une demi-heure plus tard, le président Faye s’est entretenu avec la Chambre de commerce des États-Unis, en présence notamment de Kendra Gaither, présidente du U.S.-Africa Business Center, ainsi que de représentants de Motorola Solutions et de Kosmos Energy. Il a présenté le Sénégal comme un pays favorable aux investissements, en évoquant sa stabilité institutionnelle, son État de droit, son économie de marché et sa position géographique. La Chambre américaine a réaffirmé l’intérêt de ses membres pour le marché sénégalais et sa disponibilité pour des partenariats public-privé, rapporte Sanslimitesn.

Les échanges avec le Corporate Council on Africa ont porté sur l’agriculture et la transformation locale, l’énergie, les infrastructures, la logistique, la santé et le numérique. Le président a insisté sur la création d’emplois qualifiés, le transfert de compétences et l’accès aux services. Ces secteurs sont au cœur de l’enjeu de la tournée : attirer des capitaux ne suffit pas si les investissements ne renforcent pas les capacités locales et ne débouchent pas sur des emplois.

Dans l’après-midi, la Banque mondiale a confirmé son appui à la stabilisation du cadre macroéconomique et à la transformation structurelle du Sénégal. Les discussions ont ciblé la baisse du coût de l’énergie, la protection sociale, le financement de l’entrepreneuriat et l’amélioration de l’environnement des affaires. L’emploi des jeunes figurait également parmi les sujets centraux.

La rencontre avec la Banque mondiale s’est déroulée au siège de l’institution, en présence d’une importante délégation ministérielle et de son président Ajay Banga. Elle illustre le volet financier de la stratégie portée à Washington, avant le déplacement à Abu Dhabi consacré davantage à la recherche de capitaux souverains et de partenariats économiques.

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