Mbaye Sarr, plus connu sous le surnom de « Mbaye Boundaw », âgé de 27 ans et domicilié à Malika, comparaît devant la Chambre criminelle pour association de malfaiteurs et vols en réunion commis de nuit, avec violences et usage d’armes. Le parquet lui reproche d’avoir participé à une série de braquages visant des conducteurs de moto-taxi dans la banlieue dakaroise.
Selon L’Obs, les faits remontent à 2022 et plusieurs victimes avaient saisi le commissariat de Guédiawaye. Le mode opératoire décrit devant la juridiction était quasiment similaire d’un cas à l’autre : un individu se faisait passer pour un client, sollicitait les services d’un conducteur de moto-taxi avant de l’attirer, généralement à une heure tardive, vers un endroit isolé où un ou plusieurs complices intervenaient.
Parmi les dossiers évoqués figure celui de K. Diop, conducteur de moto-taxi. Celui-ci aurait été approché par deux jeunes hommes qui avaient sollicité ses services. L’un d’eux aurait pris son numéro de téléphone, prétextant qu’il pourrait avoir à nouveau besoin de ses services.
Le même soir, aux alentours de 23h59, le conducteur reçoit effectivement un appel. Un rendez-vous lui est fixé à Yeumbeul pour une course en direction de Djiddah Thiaroye Kao. Le passager lui demande de venir seul, indiquant qu’il serait accompagné de sa petite amie.
Au cours du trajet, à Thiaroye, la jeune femme descend. Quelques instants plus tard, le passager demande au conducteur de s’arrêter à proximité d’un autre individu. C’est alors que le guet-apens aurait commencé.
Selon le récit présenté à la barre, l’un des agresseurs aurait coupé le moteur de la moto tandis qu’un coupe-coupe était placé au niveau de la clavicule du conducteur. Sous la menace, ce dernier aurait été dépouillé de sa moto, de son téléphone portable ainsi que d’une somme de 161 000 FCFA.
Le parquet estime que cette méthode aurait été utilisée à plusieurs reprises contre d’autres conducteurs, notamment A. Fall, S. Sow et A. Gaye. Les agressions auraient principalement eu lieu autour de minuit, voire entre une heure et deux heures du matin, lorsque les conducteurs étaient particulièrement vulnérables.
Pour l’accusation, Mbaye Sarr aurait, dans certains cas, joué le rôle d’appât, attirant les victimes avant l’intervention de ses complices armés. Plusieurs plaignants auraient par ailleurs reconnu l’accusé après son arrestation.
Le ministère public considère que la répétition du même scénario, les plaintes enregistrées en 2022 ainsi que les témoignages des victimes constituent un faisceau d’éléments suffisamment sérieux pour établir la responsabilité de l’accusé.
À la barre, Mbaye Sarr rejette catégoriquement les accusations portées contre lui. Il affirme ne connaître aucune des victimes et nie avoir participé aux agressions qui lui sont reprochées.
Son avocat met également en doute la solidité des éléments présentés par l’accusation. La défense relève notamment que certaines victimes avaient initialement porté plainte contre X, sans identifier son client. Elle déplore aussi, selon L’Observateur, l’absence de vérifications téléphoniques permettant de confirmer certains appels évoqués dans le dossier.
La défense sollicite ainsi l’acquittement de Mbaye Sarr, au besoin au bénéfice du doute.
Face à ces arguments, le parquet maintient ses réquisitions et demande 15 ans de réclusion criminelle contre l’accusé. Le verdict de cette affaire, qui met en lumière les risques auxquels peuvent être exposés les conducteurs de moto-taxi lors des courses nocturnes, est attendu le 6 octobre, rapporte Dakaractu.

Rox